Ponts-chaussées et égoûts « polluent » toujours la Petitcodiac
Les Sentinelles dévoilent leur troisième liste annuelle

(Moncton, le 31 janvier, 2005) – Les ponts-chaussées, les déversements d’égoûts, la destruction de marais, les barrages abandonnés et les pesticides ont continué d’endommager l’écosystème de la rivière Petitcodiac en 2004, selon un raport dévoilé aujourd’hui par les Sentinelles Petitcodiac.

Ce troisième exercise annuel dirigé par les Sentinelles pour identifier les problèmes principaux endommageant l’écosystème Petitcodiac, est réalisé dans le but d’éduquer la population sur les besoins environnementaux les plus urgents de l’écosystème et d’encourager les responsables à prendre les mesures nécessaires pour corriger les torts qu’ils font à l’environnement.

Le terme « source de pollution » utilisé dans le rapport des Sentinelles fait référence à des activités entreprises par des individus, des corporations ou des agences gouvernementales ayant eu des impacts négatifs multiples et à long terme sur la qualité de l’eau, l’habitat et l’intégrité écologique de l’écosystème Petitcodiac (les 3000 km2 que comprennent la rivière Petitcodiac, la rivière Memramcook et la baie de Shepody).

Des agences publiques telles la Province du Nouveau-Brunswick, la Commission des eaux usées du Grand Moncton et la Ville de Moncton, se retrouvent encore en tête de la liste des « pires pollueurs » de l’année 2004 en raison de leurs activités néfastes à l’environnement.
Le rapport complet des 10 pires sources de pollution de l’écosystème Petitcodiac en 2004 est disponible au site Internet des Sentinelles (www.petitcodiac.org). La liste se lit comme suit :

 

Les 10 pires sources de pollution
Les responsables
1
Pont-chausée Petitcodiac (1,340 km2) Province du Nouveau-Brunswick
2
Usine de traitement des eaux usées Commission des eaux usées du Grand Moncton
3
Ancien site d’enfouissement de Moncton Ville de Moncton
4
Pont-chaussée Memramcook (400 km2) et pont-chaussée Shepody (550 km2) Province duNouveau-Brunswick
5
Destruction de marais Province du Nouveau-Brunswick, Ville de Moncton, Ville de Dieppe, divers promoteurs
6
Destruction de cours d’eau et d’habitats Divers promoteurs privée
7
Déversement d’eaux usées non traîtées Divers gouvernements municipaux et la Commission des eaux usées du Grand Moncton
8
Déversement des égouts pluviaux Divers gouvernements municipaux et la Province du Nouveau-Brunswick
9
Divers barrages abandonnés (88 km2) et autres barrages (128 km2) Ville de Moncton (barrage lac Jones – 60 km2), Ville de Riverview (barrage abandonné – 50 km2), Tandem Fabrics Ltd. (barrage abandonné – 38 km2), Ville de Moncton (réservoirs d’eau McLaughlin et Irishtown – 34 km2), Province du N.-B. (aboiteau Fox Creek – 34km2)
10
Épandage de pesticides cosmétiques Utilisateurs de pesticides cosmétiques, règlements fédéraux, prov., municipaux


En jugeant l’importance des sources de pollution et la fréquence de parution des différents « pollueurs » listés dans le rapport, Sentinelles Petitcodiac fait encore remarquer que les cinq « pires pollueurs » de la Petitcodiac en 2004 étaient des agences publiques ou gouvernementales :

• La Province du Nouveau-Brunswick (no. 1, 4, 5, 8 and 9)
• La Commission des eaux usées du Grand Moncton (no. 2 et 7)
• La Ville de Moncton (no. 3, 5, 7, 8, 9 and 10)
• La Ville de Riverview (no. 7, 8, 9 and 10), et
• La Ville de Dieppe (no. 5, 7, 8 and 10)

« Les agences publiques et gouvernementales (Province, municipalités, commission des eaux usées) contribuent à la plus importante part de détérioration de notre écosystème, » souligne Daniel LeBlanc, Sentinelle Petitcodiac. « Quand le jour viendra où ces agences publiques auront éliminé ces sources de pollution affectant notre bassin versant, nous aurons reglé 90 pourcent des problèmes environnementaux dans l’écosystème Petitcodiac », ajoute-t-il.

Le pont-chaussée Petitcodiac a été choisi au titre de « pire source de pollution » en 2004 en raison de son impact négatif majeur sur l’ensemble de l’écosystème. La Commission des eaux usées du Grand Moncton, quant à elle, fut désignée deuxième pollueur en importance dans la rivière Petitcodiac en 2004 en raison de ses rejets quotidiens de 50 à 70 millions de litres d’eau usée dans la rivière, traité pour l’instant uniquement de façon primaire.

L’activité de destruction des marais, qui se trouve en cinquième position, est une nouveauté sur la liste cette année, largement en raison du projet de construction d’une route d’accès dans le marais du ruisseau Jonathan (Province du Nouveau-Brunswick, Ville de Moncton) et du marais Chartersville (Ville de Dieppe). « Plus de 90 pourcent du marais du ruisseau Jonathan a été détruit par l’activité humaine au cours des 40 dernières années, » souligne M. LeBlanc, « et la moitié de ce qu’il reste, environ 20 acres, sera détruit pour permettre la construction de la route d’accès menant au nouveau pont Gunningsville. Nous sommes en train de perdre notre patrimoine naturel dans notre bassin versant, et il s’en va vite. »

La semaine dernière, Sentinelles Petitcodiac annonçait le récipiendaire du prix de la rivière Petitcodiac pour 2004, soit la communauté artistique dans son ensemble, en reconnaissance de sa contribution importante pour restaurer l’écosystème Petitcodiac.

RENSEIGNEMENTS :

Daniel LeBlanc, Sentinelle Petitcodiac
(506) 388-5337
www.petitcodiac.org

 

 

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