Barrages et égoûts les « pires sources de pollution » de la Petitcodiac


Les Sentinelles dévoilent leur deuxième liste annuelle

MONCTON, le 30 janvier, 2004 – Les barrages et les déversements d’égoûts ont été les deux principales activités affectant l’écosystème Petitcodiac en 2003, selon l’organisme Sentinelles Petitcodiac qui dévoilait aujourd’hui sa deuxième liste annuelle des 10 pires sources de pollution dans leur bassin versant. Des agences publiques telles la Province du Nouveau-Brunswick, la Commission des eaux usées du Grand Moncton et la Ville de Moncton, se retrouvent également en tête de la liste des « pires pollueurs » de l’année en raison de leurs activités affectant négativement l’écosystème Petitcodiac.

Le terme « source de pollution » utilisé dans le rapport des Sentinelles fait référence à des activités entreprises par des individus, des corporations ou des agences gouvernementales ayant eu des impacts négatifs multiples et à long terme sur la qualité de l’eau, l’habitat et l’intégrité écologique de l’écosystème Petitcodiac (les 3000 km2 que comprennent la rivière Petitcodiac, la rivière Memramcook et la baie de Shepody).

L’objectif de l’exercice annuel est d’aider les Sentinelles à identifier les principaux problèmes causant des impacts négatifs à l’écosystème Petitcodiac, d’éduquer la population sur les besoins environnementaux les plus urgents de l’écosystème, d’encourager les responsables à prendre les mesures nécessaires pour corriger les torts qu’ils ont faits à l’environnement, promouvoir une bonne gestion des cours d’eau de la région et répéter l’exercice de façon annuelle.

Le rapport complet des 10 pires sources de pollution de l’écosystème Petitcodiac en 2003 est disponible au site Internet des Sentinelles (www.petitcodiac.org). La liste se lit comme suit :

Les 10 pires sources de pollution
Les responsables
1
Pont-chausée Petitcodiac (1,340 km2) Province du Nouveau-Brunswick
2
Usine de traitement des eaux usées Commission des eaux usées du Grand Moncton
3
Ancien site d’enfouissement de Moncton Ville de Moncton
4
Déversements d’usine de textile Tandem Fabrics Ltd.
5
Déversement d’eaux usées non traîtées Divers gouvernements municipaux et la Commission des eaux usées du Grand Moncton
6
Pont-chaussée Memramcook (400 km2) et pont-chaussée Shepody (550 km2) Province duNouveau-Brunswick
7
Destruction d’habitats et altération des
cours d’eau
Divers promoteurs particuliers, règlements fédéraux, provinciaux et municipals
8
Déversement des égouts pluviaux Divers gouvernements municipaux et la Province du Nouveau-Brunswick
9
Divers barrages abandonnés (88 km2) et autres barrages (128 km2) Ville de Moncton (barrage lac Jones – 60 km2), Ville de Riverview (barrage abandonné – 50 km2), Tandem Fabrics Ltd. (barrage abandonné – 38 km2), Ville de Moncton (réservoirs d’eau McLaughlin et Irishtown – 34 km2), Province du N.-B. (aboiteau Fox Creek – 34km2)
10
Épandage de pesticides cosmétiques Utilisateurs de pesticides cosmétiques, règlements fédéraux, prov., municipaux


En jugeant l’importance des sources de pollution et la fréquence de parution des différents « pollueurs » listés dans le rapport, Sentinelles Petitcodiac remarque que les troix sources de pollution qui ont été les plus néfastes à l’environnement du bassin versant de la Petitcodiac en 2003 ont été causées par des agences publiques ou gouvernementales :

• La Province du Nouveau-Brunswick (no. 1, 6, 8 et 9) ;
• La Commission des eaux usées du Grand Moncton (no. 2 et 5) ; et
• La Ville de Moncton (no. 3, 5, 8 et 9).

La Sentinelle Petitcodiac Daniel LeBlanc souligne que « les agences publiques et gouvernementales (Province, municipalités) contribent à la plus importante part de détérioration de notre écosystème ». « Quand le jour viendra où ces agences publiques auront pris leur responsabilités d’éliminer ces sources de pollution affectant notre bassin versant, nous aurons reglé 90 pourcent des problèmes environnementaux dans l’écosystème Petitcodiac », ajoute-t-il.

Le pont-chaussée Petitcodiac a été choisi au titre de « pire source de pollution » en raison de son impact négatif majeur sur l’ensemble de l’écosystème et parce qu’il est responsable de l’élimination d’au moins cinq espèces aquatiques de la rivière. La Petitcodiac fut désignée « Rivière la plus menaçée au Canada en 2003 », justement en raison de l’impact de ce pont-chaussée.

Le deuxième pollueur en importance dans la rivière Petitcodiac en 2003 était la Commission des eaux usées du Grand Moncton. En moyenne, l’usine déverse quotidiennement dans la rivière entre 50 et 70 millions de litres d’eau usée, traité pour l’instant uniquement de façon primaire, c’est-à-dire que seuls les solides sont enlevés. « La Commission a peut-être eu du succès en 2003 au niveau des relations publiques, » faisant référence à la reconnaissance européenne reçue pour son programme de recyclage des déchets de compostage, « mais aucunes de ces mesures n’a réussi à faire réduire la quantité de déversementd de contaminants qui a lieu dans la rivière à chaque jour », à fait remarquer LeBlanc.

« Notre intention est de continuer à publier annuellement la liste des 10 pires sources de pollution, en souhaitant que les responsables prennent les démarches nécessaires pour corriger les torts qu’ils causent à notre écosystème », explique la Sentinelle. La semaine dernière, Sentinelles Petitcodiac annonçait également le récipiendaire du prix de la rivière Petitcodiac en 2003, soit le bureau d’application de la loi d’Environnement Canada, région Atlantique, en reconnaissance de sa contribution importante pour protéger l’écosystème Petitcodiac.

RENSEIGNEMENTS :

Daniel LeBlanc, Sentinelle Petitcodiac
(506) 388-5337
www.petitcodiac.org

 

 

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