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Le pont-chaussée
Petitcodiac cause la première disparition connue d'une
espèce de moule au Canada
(Moncton, le 28
novembre 2000) - Le pont-chaussée Petitcodiac construit
entre Moncton et Riverview en 1968 à causé la première
disparition (extinction) connue d'une espèce de moule
au Canada.
Un chercheur
sénior au Musée canadien de la nature, André
Martel, a fait part de cette nouvelle ce matin en page première
du Ottawa Citizen. « L'alasmidonte naine (Dwarf wedge mussel),
qui vivait seulement dans la rivière Petitcodiac, est
maintenant mort et disparu », à dit Martel.
"
Tous les coquillages d'eau douce (y inclus les moules) ont besoin
d'une ou plusieurs espèces de poissons pour que leurs
larves puissent s'attacher aux écailles, aux nageoires
ou aux ouïes, pour qu'elles puissent se développer
», a-t-il précisé. « Pas de poisson,
pas de moules d'eau douce ».
Dans le
cas de ce petit moule du Nouveau-Brunswick, le pont-chaussée
construit sur la rivière Petitcodiac dans les années
1960 à causé une accumulation énorme de
sédiments dans la rivière. Les scientistes savent
que ce barrage a coupé la migration du saumon ainsi que
d'autres espèces dans cette rivière.
"Si
vous éliminez le passage du poisson à des espèces
telles l'éperlan ou bien le saumon de l'atlantique, alors
les moules disparraissent », à affirmé hier
M. Martel. « Ils ne peuvent plus avoir d'enfants ».
« Quand ils ont construit le pont-chaussée, ils
ont empêché aux poissons (migratoires) de circuler
librement », dit-il. « C'est nous, en construisant
ce pont-chaussée, qui sommes responsables ».
Un rapport
déclarant le moule 'extinct' au Canada vient d'être
préparé par le Comité sur l'état
des espèces menacées au Canada, qui produit la
liste canadienne des espèces en voie de disparition.
Les environnementalistes,
qui luttent pour l'enlèvement de ce barrage et la restauration
de la rivière Petitcodiac depuis des décennies
ont réagi durement à cette nouvelle de la disparition
de cette espèce.
"La
perte de cette espèce de moule unique est arrivée
alors que la province du Nouveau-Brunswick et le gouvernement
du Canada étudiaient cette rivière" affirme
le porte-parole des Sentinelles Petitcodiac, Daniel LeBlanc.
"L'alasmidonte naine est aussi disparu pendant que deux
projets de lois fédéraux visant à protéger
les espèces en voie d'extinction furent abandonés
par nos parlementaires ».
Cet été,
un rapport produit par le Ministère des Pêches et
Océans et publié en partie par les Sentinelles
Petitcodiac faisait état de 96 rapports effectuées
sur la rivière Petitcodiac entre les années 1960
et 2000, ce qui en fait l'une des rivières les plus étudiées
au Canada. Dans son sommaire, le porte-parole des Sentinelles,
M. LeBlanc, affirmait "que la Petitcodiac constitue l'un
des exemples les plus documentés du déclin d'un
écosystème au Canada".
"Nous
savons depuis plus de 20 ans qu'il existe des problèmes
très grâves sur la Petitcodiac, et que ce pont-chaussée
doit être enlevé afin de permettre la restauration
de cette rivière. Les scientistes le savent, la grande
majorité des gens de cette communauté le savent,
les experts en pêche le savent et même le Ministre
des Pêches, qui a le devoir de protéger l'habitat
du poisson au pays le sait. Que doit-on faire pour protéger
nos cours d'eaux au Canada", demande LeBlanc?
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