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PDF du rapport 2003
Le 31
janvier, 2005
La
troisième liste annuelle des Sentinelles présentant
les :
10
pires sources de pollution de l’écosystème
Petitcodiac* en 2004
*L’écosystème
Petitcodiac et ses 3 000 km2 que comprennent la rivière
Petitcodiac, la rivière Memramcook et la baie de Shepody.
Méthodologie
Dans ce
document, le terme « source de pollution » fait référence
à une activité ayant causé ou continuant
de causer un ou de multiples impacts négatifs sur la qualité
de l’eau, sur l’habitat et sur l’intégrité
écologique du système hydrographique de la Petitcodiac.
En faisant
la sélection des « 10 pires sources de pollution
» touchant l’écosystème Petitcodiac
en 2004, les critères suivants furent appliqués
:
1. Des
activités ayant eu des impacts négatifs
multiples sur la qualité de l’eau, de l’habitat
et de la vie même de l’écosystème Petitcodiac
2. Des activités ayant des impacts négatifs
continus sur l’écosystème
3. Des activités ayant des impacts négatifs
à court et à long terme sur l’écosystème
4. Des activités ayant des responsables clairement
identifiables pour ces impacts négatifs touchant
l’écosystème Petitcodiac
1.Le
pont-chaussée de la rivière Petitcodiac (Provinces
duNouveau-Brunswick)
Le pont-chaussée
de la rivière Petitcodiac est la propriété
au ministère des Transports du Nouveau-Brunswick et il
est opéré par ce dernier. Construit en 1968, le
pont-chaussée est responsable d’une détérioration
écologique à grande échelle dans l’ensemble
des 3 000 km2 de son écosystème. Cette structure
continue à obstruer le passage du poisson dans au moins
la moitié du réseau des cours d’eau de la
Petitcodiac, affectant une superficie d’environ 1 340 km2
située en amont du pont-chaussée, et a causé
l’élimination d’une section de 21 km de l’estuaire
de la Petitcodiac qui s’étendait autrefois jusqu’au
Village de Salisbury.
Le pont-chaussée
est responsable de l’élimination d’au moins
cinq espèces aquatiques de la rivière : l’alasmidonte
naine (la première espèce de moule connue comme
ayant été extirpée au Canada - la rivière
Petitcodiac étant connue comme le seul habitat canadien
de cette moule), le saumon de l’Atlantique (éliminé
de la rivière Petitcodiac au milieu des années 1990
et maintenant une espèce en voie de disparition au Canada),
l’alose savoureuse ou la gatte (on en a déjà
compté plus de 75 000 dans la rivière Petitcodiac
et il est éliminé depuis la fin des années
1990), le bar rayé et le poulamon de l’Atlantique
(Aubé, Hanson, Klassen, Locke, Richardson, 2000).
De plus,
le pont-chaussée de la rivière Petitcodiac est responsable
de l’accumulation massive de sédiments, ce qui a
eu pour effet de réduire de façon draconienne la
largeur de la Petitcodiac. En effet, la rivière qui était
d’une largeur moyenne d’un kilomètre en 1968
est maintenant large d’à peine 100 mètres
à la hauteur de Moncton. Le pont-chaussée est toujours
responsable de l’accumulation continue de sédiments
en aval du barrage-chaussée sur une distance de 35 kilomètres
allant jusqu’à la baie de Shepody. La rivière
se distingue malheureusement comme étant l’une des
seules rivières en Amérique du Nord où il
est possible de voir l’impact destructif des humains à
partir de l’espace.
Le pont-chaussée
est aussi responsable de la quasi élimination du mascaret,
autre fois renommé de par le monde comme étant l’une
des principales attractions touristiques des provinces atlantiques
et le mascaret le plus spectaculaire du Canada. Autrefois la fierté
de l’industrie touristique de Moncton, le mascaret de la
Petitcodiac est devenu une honte pour les agents de tourisme de
la région, en plus d’être la risée des
visiteurs et des résidents.
Moncton
était autrefois un important lieu de construction naval,
mais les conditions de navigation pour les bateaux commerciaux
et les bateaux de plaisance ont été éliminées
à cause de l’accumulation de sédiments. À
cause du pont-chaussée, Moncton est maintenant l’une
des seules régions en Amérique du Nord à
avoir perdu son privilège de posséder une rivière
navigable.
Maintenant
que les élèves de la région ont commencé
à s’impliquer afin de sauver leur rivière,
on peut dire qu’il y a désormais quatre générations
de citoyens qui ont mené des efforts pour restaurer la
rivière, ce qui en fait l’une des plus longues luttes
environnementales dans l’histoire du Canada. Depuis 40 ans,
132 rapports ou études portant sur la rivière Petitcodiac
et son pont-chaussée ont été publiés.
Tous ces rapports font en sorte que la rivière Petitcodiac
constitue le dossier environnemental portant sur la mort d’un
écosystème le plus étoffé au pays.
En juillet 2003, l’organisation Earthwild International
désignait la Petitcodiac comme étant la rivière
la plus menacée au Canada, en raison des importants dommages
qu’avait causé le pont-chaussée.
Toutes
les preuves démontrant les nombreux impacts négatifs
sur l’écosystème dans son entier, sur l’habitat,
sur la qualité de l’eau et sur la survie de toutes
les espèces y résidant font en sorte que le pont-chaussée
de la rivière Petitcodiac (Province du Nouveau-Brunswick)
obtient le titre de la pire source de pollution de l’écosystème
Petitcodiac pour l’année 2004.
Solution
connue pour corriger le problème : la restauration de l’écoulement
naturel de la rivière par l’ouverture des vannes
dans un premier temps (tel que recommandé par le ministère
des Pêches et Océans depuis 1979) et la mise en oeuvre
d’un projet pour remplacer le pont-chaussée par un
pont partiel (solution permanente).
2. Usine de traitement primaire des eaux usées
(Commission des eaux usées du grand Moncton)
L’usine
de traitements primaire des eaux usées est opérée
et est la propriété de la Commission des égouts
de la région de Moncton. Cette usine est responsable du
traitement des eaux usées de la région de Moncton.
La Commission des égouts, pour sa part, est une propriété
publique des municipalités de Dieppe, Moncton et Riverview.
L’usine en question a été présentée
dans les années 1990 comme une usine à la fine pointe
de la technologie qui allait éventuellement offrir un traitement
complet des eaux usées, mais ces eaux continuent de ne
recevoir qu’un traitement primaire avancé (c.-à-d.
l’enlèvement des solides) avant d’être
directement versées dans la rivière Petitcodiac.
Plus de vingt ans après que le projet ait été
initié et 11 ans après que l’usine ait été
mise en marche, la Commission des égouts de la région
de Moncton n’a toujours pas de plans en vue pour améliorer
l’usine pour qu’elle puisse offrir un traitement secondaire
ou tertiaire.
En moyenne,
l’usine déverse quotidiennement dans la rivière
Petitcodiac entre 50 et 70 millions de litres d’eau usée
traitées seulement de façon primaire. Non seulement
y a-t-il fort probablement des substances toxiques et hormonales
qui se jettent dans la rivière, mais ces déversements
causent un excès de nutriments. Ceci peut causer un excès
d’activités microbiologiques et un manque d’oxygène.
Pour un poisson, il est très dangereux d’essayer
de nager dans une section de rivière qui manque d’oxygène.
Le taux de coliformes est également plus élevé
que ce qui est recommandé pour des fins récréatives
par les Lignes directrices canadiennes sur la qualité de
l’eau.
Ce qui
est le plus inquiétant actuellement, c’est le facteur
de dilution des eaux usées dans la rivière Petitcodiac.
La capacité de dissolution de la rivière Petitcodiac
est constamment en baisse en raison des sédiments qui continuent
de s’accumuler sur le lit de la rivière. Pendant
une période où le flux était particulièrement
bas en été 2001, 2002, 2003 et 2004 (entre 12 et
18 heures par jour), la quantité d’eaux usées
déversée dans la Petitcodiac a été
estimée à être égale ou supérieure
à la quantité d’eau disponible dans la rivière
au lieu de déversement. Ceci a fait augmenter la concentration
d’eaux usées traitées de façon primaire
et a également fait augmenter les risques de dommages environnementaux
sur les espèces aquatiques durant les périodes de
flux réduit.
Le déversement
quotidien, directement dans la rivière Petitcodiac, de
50 à 70 millions de litres d’eaux usées traitées
seulement de façon primaire, sans plans publiquement envisagés
pour améliorer le traitement de ces eaux usées à
un niveau secondaire ou tertiaire, font que l’usine
de traitement des eaux usées (la Commission des égouts
de la région de Moncton) figure au deuxième rang
des pires sources de pollution de l’écosystème
Petitcodiac pour l’année 2004.
Solution
connue pour corriger le problème : préparer des
plans détaillés pour améliorer le système
à un traitement secondaire et tertiaire, et développer
différents scénarios financiers (partenariats fédéral/provincial/municipal,
emprunts à long-terme, etc.) pour atteindre cet objectif.
3. Ancien
site d’enfouissement (Ville de Moncton)
L’ancien
site d’enfouissement qui est la propriété
de la Ville de Moncton est situé sur 35 hectares (87 acres)
de terre le long de la rivière Petitcodiac. Ce site d’enfouissement
a été ouvert peu après la construction du
pont-chaussée, en 1968, et on l’a fermé en
1992, après plus de 20 ans de fonctionnement. Des registres
confirment notamment l’enfouissement des substances suivantes
à ce site : des déchets à base de pétrole,
des déchets animaux, de la tuyauterie en asbestos, de l’hydroxide
de sodium (produits de nettoyage), des déchets d’égouts
et des déchets médicaux (rapport GEMTEC, 1995).
Une enquête
environnementale menée par le Environmental Bureau of Investigation
(EBI) et les Sentinelles Petitcodiac en été et à
l’automne 2000 avait révélé qu’entre
100 000 et 300 000 litres de lixyviat s’écoulaient
quotidiennement dans le ruisseau Jonathan à partir de différentes
fuites situées le long de l’ancien site d’enfouissement.
En février 2002, des accusations judiciaires ont été
engagées par Environnement Canada envers la Ville de Moncton
et la firme de consultants relativement à ce cas (le cas
Gemtec est encore devant les tribunaux).
La Ville
de Moncton a plaidée coupable à ces accusations
en septembre 2003, et s’est vu imposée une ordonnance
de la cour pour qu’elle entreprenne des travaux visant à
éliminer ces déversements dans le ruisseau Jonathan
et la rivière Petitcodiac. Ce plan de fermeture est toujours
en train d’être révisé par les agences
fédérales et provinciales, et les déversements
de lixyviat toxique se poursuivront dans ces cours d’eau
jusqu’à ce que ces travaux aient lieu.
L’écoulement
continu de lixyviat toxique provenant de l’ancien site d’enfouissement
dans le ruisseau Jonathan et dans la rivière Petitcodiac,
à un taux estimé à des dizaines de milliers
de litres par jour, fait de l’ancien site d’enfouissement
(Ville de Moncton) la troisième pire source de pollution
de l’écosystème Petitcodiac en 2004.
Solution
connue pour corriger le problème : installer un système
pour recueillir le lixyviat et construire un couvert imperméable
entourant le dépotoir
4. Les ponts-chaussée Memramcook et Shepody (Province
du Nouveau-Brunswick)
Le pont-chaussée
de la rivière Memramcook et celui de la rivière
Shepody, construits en 1973 et en 1958 respectivement, sont la
propriété de la Province du Nouveau-Brunswick. Ils
ont complètement transformé le fonctionnement naturel
de l’écosystème sur les 400 km2 du bassin
de la rivière Memramcook, et les 550 km2 du bassin de la
rivière Shepody. Ces barrages, conçus sans passage
à poissons, bloquent entièrement le passage de poissons
sur environ 250 km2 du système hydrographique de la rivière
Memramcook et 500 km2 (90 pourcent) du système hydrographique
de la rivière Shepody. Ces barrages ont également
éliminé plusieurs kilomètres d’estuaire,
et perturbé la dynamique d’échange d’eau
salée-fraîche dans l’écosystème.
Ces barrages
sont la cause de l’élimination de presque toutes
les espèces de poissons qui vivaient traditionnellement
dans le système hydrographique de la rivière Memramcook
et de la rivière Shepody, tel le saumon de l’Atlantique
(une population autrefois estimée à entre 1 000
et 2 000 dans chacunes des rivières), l’alose savoureuse
ou la gatte, le bar rayé, le poulamon de l’Atlantique,
la truite de mer et autres.
Ces barrages
sont également la cause continuelle d’accumulation
de sédiments en aval de ceux-ci. Cette accumulation de
sédiments réduit la largeur de la rivière
et affecte les vasières de la baie de Shepody, un habitat
critique aux populations d’oiseaux migrateurs.
Le pont-chaussée
Memramcook avait été construit au début des
années 1970 contre le gré des communautés
vivant dans cette vallée. À l’automne de 1999,
la Province du Nouveau-Brunswick a, à la demande de ces
communautés, entrepris les démarches nécessaires
pour restaurer le flux de la rivière. Mais plus de cinq
ans après cet engagement, le plan pour opérer les
vannes afin de permettre à l’eau de circuler librement
durant l’ensemble de l’année (qui implique
la réhabilitation de levées pour protéger
les terres agricoles) n’était toujours pas en marche
en 2004.
Les nombreux
impacts négatifs sur l’ensemble de la rivière
Memramcook et de la rivière Shepody, sur les espèces
qui y vivent et sur la qualité de l’eau fait des
ponts-chaussée de Memramcook et de Shepody (Province
du Nouveau-Brunswick) la 4e pire source de pollution de
l’écosystème Petitcodiac pour l’année
2004.
Solution connue pour corriger le problème : la mise en
application d’un plan d’ouverture gérant les
vannes pour l’ensemble de l’année, dans un
premier temps, et la mise en oeuvre d’un projet pour restaurer
le flux naturel de la rivière Memramcook et de la rivière
Shepody en remplaçant le pont-chaussée par un pont
partiel (solution permanente).
5. Destruction de marais (divers
promoteurs particuliers)
Un principal exemple de la perte d’habitat
dans l’écosystème de la rivière Petitcodiac
est la destruction de marais causée par l’empiètement
urbain, la pollution et le drainage. L’augmentation de la
perte de terres humides ne se limite pas au Canada Atlantique.
En fait, les terres humides sont parmi les habitats les plus menacés
au monde. Puisqu’elles n’ont pas d’utilité
de consommation apparente pour les humains, les terres humides
ont traditionnellement été perçues comme
un gaspillage de terrain. Ainsi, elles ont été remplies
pour permettre le développement, transformées en
dépotoirs ou endiguées pour l’agriculture.
Seul dans le bassin du ruisseau Jonathan
à Moncton, plus de 90 % des terres humides ont été
perdues entre 1953 et 1996 (Sentinelles Petitcodiac, 2004). Pour
ce qui est du ruisseau Halls, 70 % des terres humides ont été
perdues durant la même période (Levesque et al.,
document non-publié, 2002). Bien que l’importance
des terres humides ait été officiellement reconnue
par les gouvernements provincial et fédéral, on
continue à les détruire à des endroits de
l’écosystème Petitcodiac. Ceci comprend les
mesures pour ensevelir une partie d’un marais situé
le long du ruisseau Jonathan (environ 20 acres) pour rendre possible
la construction du nouveau pont Gunningsville, et une partie du
marais Chartersville pour permettre la construction du prolongement
de la rue Virginie.
L’importance des terres humides
repose sur différentes fonctions écologiques. La
première de ces fonctions est de purifier et de filtrer
les contaminants destinés aux lacs, rivières, ruisseau,
côtes et réserves d’eau potable. En deuxième
lieu, elles entreposent de l’eau qui peut être relâchée
pendant des sécheresses, absorber l’eau pendant des
inondations et servir de tampons contre des montées puissantes
de tempêtes. De plus, une variété d’animaux
comme des oiseaux chanteurs, des poissons, des oiseaux d’eau
et des plantes dépendent des terres humides pour leur survie.
Non seulement les terres humides sont-elles les écosystèmes
les plus productifs du Canada, mais elles sont considérées
parmi les plus productives du monde.
La construction d’un marécage
artificiel au Parc du centenaire de Moncton, par exemple, démontre
la valeur de ces services. En fait, le coût de ce projet
donne une valeur approximative au marécage de 100 000 $
par hectare.
Les impacts négatifs sur le système
hydrographique de la Petitcodiac, sur les espèces qui y
vivent et sur la qualité de l’eau font de la
destruction de marais (divers promoteurs particuliers) la 5e pire
source de pollution de l’écosystème
Petitcodiac pour l’année 2004.
Solution connue pour corriger
le problème : Adopter des politiques de planification urbaine
pour protéger les terres humides et mettre en application
les lois environnementales de façon plus efficace.
6. Destruction des cours d’eau
et d’habitat (divers promoteurs particuliers)
Des développements insensibles
à l’environnement, menées par divers promoteurs
de projets résidentiels, commerciaux ou industriels avec
l’approbation des Commissions d’aménagement
de la région peuvent avoir plusieurs impacts, sévères
et irréversibles, sur l’écologie du bassin
versant. Dans le bassin versant de la Petitcodiac, la plupart
de ces développements insensibles se font dans le territoire
sous la compétence de la Commission d’aménagement
du grand Moncton. Les principaux impacts sont la destruction de
l’habitat et l’altération des cours d’eau.
Les principaux habitats du bassin versant
sur lesquels dépendent la vie aquatique et la qualité
de l’eau sont les marécages et les zones riveraines.
Ces dernières incluent les cours d’eau, la zone riveraine,
les zones tampons et la forêt environnante.
Ces différentes composantes fonctionnent
ensemble pour assurer l’intégrité environnementale
et le maintien d’habitats adéquats pour les plantes,
les poissons et les autres animaux. Il est important de se rappeler
que l’habitat du poisson est composé de l’eau
et du substrat. Les propriétés physiques du lit
d’un ruisseau ou d’une rivière, également
nommé substrat, va déterminer quel type de plante
et d’animaux va y vivre et y frayer. Les poissons ont besoin
de certains types de substrat pour déposer leurs œufs
pendant la saison de pondaison et également pour s’abriter
et se nourrir. La végétation le long des berges
des ruisseaux et des rivières (c.-à.-d. la zone
riveraine) joue également un rôle important dans
la conservation du cours d’eau. Elle filtre l’eau
qui ruisselle sur le bord d’un cours d’eau, elle réduit
l’érosion et elle procure de l’ombre, gardant
la température de l’eau fraîche en été,
permettant ainsi au taux élevé d’oxygène,
essentiel aux poissons.
La destruction de l’habitat et
des cours d’eau de la région continue à accélérer
dans le bassin versant de la Petitcodiac en raison de l’empiètement
urbain. Les conséquences socio-économiques et écologiques
de l’altération d’un habitat ne sont pas aussi
évidentes que celles causées par la destruction
de marais, mais peuvent être autant graves. Par exemple,
faire passer un ruisseau dans un tuyau souterrain peut entraver
le passage des poissons et restreindre l’accès des
poissons anadromes à leurs frayères en amont, ce
qui pourrait réduire la population de poissons commerciaux
et récréatifs. Ainsi, les pêcheurs d’estuaire
peuvent souffrir d’une diminution des prises, de difficultés
financières ou même éventuellement de la perte
de leur gagne-pain. Cet exemple démontre l’étroite
relation entre les écosystèmes côtiers et
ceux des bassins versants et comment la prospérité
des communautés dépendent de la santé de
l’environnement local.
Les impacts négatifs sur le système
hydrographique de la Petitcodiac, sur les espèces qui y
vivent et sur la qualité de l’eau font de la destruction
des cours d’eau et d’habitat (divers promoteurs particuliers)
la 6e pire source de pollution de l’écosystème
Petitcodiac pour l’année 2004.
Solution connue pour corriger
le problème : Adopter des politiques de planification urbaine
pour protéger les cours d’eau et leurs zones riveraines,
ainsi que mettre en application les lois environnementales de
façon plus efficace.
7. Écoulement d’eaux usées (divers
gouvernements municipaux incluant la Commission des égouts
de la région de Moncton)
Opérés par plusieurs municipalités
du bassin versant y compris la Commission des égouts de
la région de Moncton, les systèmes d’égouts
sont conçus pour conduire les eaux usées des résidences
et des commerces jusqu’aux usines de traitement avant d’être
relâchées dans l’environnement. À cause
d’un mauvais entretien ou d’une mauvaise conception,
des eaux usées non-traitées ont continué
à être versées dans les cours d’eau
du bassin de la Petitcodiac en 2004.
Ces déversements qui sont en plus
forte concentration dans la région de Moncton ont de sérieux
impacts sur l’environnement. À cause de la présence
de substances causant des maladies aux humains, comme les coliformes
et l’ecoli, les déversements d’eaux usées
dans les cours d’eau est une sérieuse menace à
la santé publique. Les eaux usées ont également
un impact sur les organismes aquatiques. Elles ont un taux élevé
de nutriments qui cause une prolifération excessive des
plantes aquatiques et des algues. Les microorganismes qui décomposent
les eaux d’égout ont besoin de hauts taux d’oxygène.
Par conséquent, les organismes aquatiques qui ont besoin
de beaucoup d’oxygène pour leur survie, telle que
les salmonidés, vont quitter l’endroit ou mourir
d’un manque d’oxygène.
Dans les endroits où les stocks
d’oxygène sont très bas, les microorganismes
anaérobies, qui n’ont pas besoin d’oxygène
pour vivre, prolifèrent et détériorent la
qualité de l’eau en libérant des substances
odorantes. La présence d’hormones et d’autres
substances endocrines disruptives dans les eaux usées peut
également avoir de sérieux impacts négatifs
sur les organismes aquatiques (le déversement d’huile
en juin 2002 et le déversement de rejet d’usine de
textile en août 2002 dans le ruisseau Humphrey en sont de
bons exemples).
Les multiples impacts négatifs
causés au système hydrographique de la Petitcodiac,
aux espèces qui y vivent et à la qualité
de l’eau fait des écoulements d’eaux
usées (divers gouvernements municipaux incluant la Commission
des eaux usées du grand Moncton) la 7e pire source de pollution
de l’écosystème Petitcodiac pour l’année
2004.
Solution connue pour corriger
le problème : entretenir de façon adéquate
l’infrastructure des égouts sanitaires, corriger
les défauts de conduits d’égouts entrecroisés
et construire des systèmes permettant une plus grande capacité
de rétention pour éviter les déversements.
8. Déversements d’égouts pluviaux
(diverses agences gouvernementales municipales et provinciales)
Les systèmes d’égouts
pluviaux sont opérés par différentes agences
des gouvernements municipaux et provincial. Ils sont conçus
pour diriger l’eau de surface soit vers des bassins de filtrage,
soit vers une usine de traitement ou bien directement dans des
cours d’eau. En raison d’une mauvaise conception ou
de mauvaises politiques d’aménagement, les égouts
pluviaux ont continué de verser une quantité importante
de polluants dans les cours d’eau du bassin de la Petitcodiac
en 2004.
L’eau de surface est de l’eau
qui n’est pas absorbée par le sol et qui coule rapidement
sur des surfaces imperméables avant de se verser directement
dans les cours d’eau. En raison de la grande étendu
de surfaces imperméables telles que les routes et les terrains
de stationnement, les villes sont un apport considérable
à la quantité d’eau de surface versée
dans nos cours d’eau locaux. L’augmentation de surfaces
imperméables diminue également l’absorption
de l’eau souterraine, ce qui réduit le niveau d’eau
dans les cours d’eau.
L’écoulement de l’eau
de surface peut transformer l’habitat riverain et diminuer
la qualité de l’eau. L’écoulement des
eaux de surface peut également atteindre une très
grande vitesse pendant une période d’abondantes précipitations,
ce qui mène à l’érosion et à
l’élargissement des berges adjacentes. L’eau
de surface peut faire augmenter la température de l’eau
durant l’été et ces changements de température
draconiens peuvent être mortels pour une multitude d’organismes
aquatiques. Enfin, le contenu de l’eau de surface peut également
être très nocif à la vie aquatique. Des polluants,
tels les sédiments, le pétrole, les métaux,
les pesticides, les bactéries et les nutriments, accumulés
dans les rues, sur les édifices, sur les pelouses et dans
les terrains de stationnement se déposent directement dans
nos cours d’eau avec l’écoulement de l’eau
de surface.
La multitude d’impacts négatifs
sur le système hydrographique de la Petitcodiac, sur les
espèces qui y vivent et sur la qualité de l’eau
font des déversements d’égouts pluviaux
(diverses agences des gouvernements municipaux et provincial)
la 8e pire source de pollution de l’écosystème
Petitcodiac pour l’année 2004.
Solution connue pour corriger
le problème : développer et adopter des politiques,
comme il existe dans plusieurs autres régions de l’Amérique
du Nord, pour mieux gérer les eaux de surface, en aménageant
des systèmes ou des bassins de filtrages.
9. Divers
barrages abandonnés et barrages de différents types
(Ville de Moncton Lac Jones – 60 km2), Ville de Riverview
(barrage abandonné de la marine canadienne – 50 km2),
Tandem Fabrics Ltd. (barrage abandonné du ruisseau Humphreys
– 38 km2), Ville de Moncton (réservoirs d’eau
McLaughlin et Irishtown – 34 km2), Province du N.-B. (aboiteau
Fox Creek – 34km2)
Propriétés de la Ville
de Moncton, de la Ville de Riverview, d’une entreprise privée
(Tandem Fabrics Ltd.) et de la Province du Nouveau-Brunswick,
des barrages abandonnés et des barrages de différents
types continuent de bloquer entièrement le passage à
poisson et de déranger l’intégrité
écologique de nombreux tributaires du bassin versant de
la rivière Petitcodiac.
Le barrage du lac Jones (affectant 60
km2), le barrage abandonné de la marine canadienne sur
le ruisseau Mills (affectant 50 km2), le barrage abandonné
du ruisseau Humphreys (affectant 38 km2), les réservoirs
McLaughlin et Irishtown (affectant 34 km2) et l’aboiteau
du Ruiseau-des-Renards (Fox Creek, affectant 34 km2) sont la cause
de l’élimination de presque toutes les espèces
de poissons qui vivaient traditionnellement dans ces cours d’eau,
tel le saumon de l’Atlantique, la truite de mer et autres.
Ces barrages sont également la
cause continuelle d’accumulation de sédiments en
amont de ceux-ci, l’augmentation des températures
d’eau et la déterioration de la qualité d’eau
dans ces réservoirs. Construits pour diverses raisons (esthétiques,
pour produire de l’énergie, pour empêcher les
inondations, l’approvisionnement d’eau potable) aussi
loin qu’en 1890 et aussi récent qu’en 1950,
certains de ces barrages ont depuis longtemps été
abandonnés et ne remplissent plus, aujourd’hui, les
fonctions pour lesquelles ils avaient été conçus.
Des plans de démantèlement
ont maintenant été préparés pour les
barrages abandonnés du ruisseau Mills (Riverview) et du
ruisseau Humphreys (Moncton), et ces projets attendent d’être
approuvés par leurs propriétaires et financés
avant que ces projets de restauration puissent aller de l’avant.
Une vanne de l’aboiteau du Ruisseau-des-Renards pourrait
aussi être ouverte pour permettre la libre circulation de
l’eau et d’améliorer les conditions de passage
du poisson à cet endroit, une option qui demanderait d’être
étudiée davantage.
Bien qu’il y a plusieurs années
que les reservoirs Irishtown et McLaughlin n’ont plus été
utilisés comme source d’approvisionnement en eau
pour la région, ces barrages sont toujours considérés
opérationnels. Entre temps, le lac Jones à Moncton
est rempli de sédiments et la Ville de Moncton considère
le dragger au coût de plusieurs millions de dollars.
Les nombreux impacts négatifs
sur l’ensemble des tributaires du ruisseau Jonathan (lac
Jones), le ruisseau
Mill, le ruisseau
Humphreys, le West Branch Halls Creek, le ruisseau
Ogilvie et le Ruisseau-des-Renards (Fox Creek), sur les espèces
qui y vivent et sur la qualité de l’eau de ces tributaires
fait de ces barrages abandonnés et barrages de
différents types (Ville de Moncton, Ville de Riverview,
Tandem Fabrics Ltd., Province du Nouveau-Brunswick) la 9e pire
source de pollution de l’écosystème
Petitcodiac pour l’année 2004.
Solution connue pour corriger
le problème : démantèler les barrages abandonnés
du ruisseau Mill et du ruisseau Humphreys, mener une étude
sur la faisabilité de réétablir la circulation
libre et partielle à l’aboiteau du Ruisseau-des-Renards,
évaluer la nécessité de maintenir les réservoirs
d’eau Irishtown et McLaughlin, et mener une étude
sur la faisabilité de restaurer le passage du poisson et/ou
réétablir la libre circulation de l’eau dans
l’estuaire du lac Jones.
10. Épandage
de pesticides cosmétiques (utilisateurs de pesticides cosmétiques)
L’usage cosmétique de pesticides (et d’herbicides)
sur des terrains privés, commerciaux et gouvernementaux
est pratique courante dans le système hydrographique de
la Petitcodiac. Les composés organiques synthétiques
des pesticides se retrouvent facilement dans l’eau souterraine
en s’infiltrant dans le sol et dans l’eau de surface
ou en s’écoulant avec celle-ci. Seulement un petit
pourcentage des 7 000 produits pesticides présents dans
le marché canadien a été testé pour
savoir s’ils avaient des propriétés cancérigènes
ou mutagènes. Les pesticides ont été associés
au développement du cancer, la maladie de Parkinson et
de malformation à la naissance. Toutefois, à cause
d’une multitude d’autres facteurs, comme l’hérédité
et bien d’autres, il est très difficile de faire
le lien entre l’usage des pesticides et la santé
des humains.
Les effets indirects ou non-mortels d’une
exposition aux pesticides peuvent être autant dévastateurs
que ceux qui sont immédiatement mortels. Ces effets indirects
comprennent la détérioration du système reproductif,
des changements de comportement, la perte de poids et la perte
d’habitat. Par exemple, une espèce de poisson peut
perdre une source vitale de nourriture si une espèce d’insecte
particulière est éliminée de la chaîne
alimentaire locale. Dans la même optique, cette même
espèce de poisson pourrait connaître un déclin
si elle perdait son habitat en raison de la perte de végétation
causée par l’usage de pesticides ou une régression
de la qualité de l’eau.
La concentration des pesticides augmente
dans les organismes plus l’on grimpe la chaîne alimentaire
par un processus appelé la bioaccumulation. Leur impact
sur les plantes et les animaux augmente avec le temps en s’accumulant
dans leurs tissus. Le problème est d’autant plus
inquiétant lorsque l’on considère l’épandage
accru de pesticides dans notre environnement. Selon une étude
de pointe menée par une firme américaine, 96 % des
poissons, 100 % de l’eau de surface et 33 % des organismes
aquatiques testés contenaient des traces d’au moins
un pesticide, sinon plus. L’étendue de la dispersion
des pesticides n’est pas seulement reliée à
leur usage cosmétique. Mais les gens devraient tout de
même considérer utiliser d’autres moyens que
des pesticides pour se débarrasser des « pestes »
domestiques.
Les effets dévastateurs identifiés
et potentiels de l’usage cosmétique des pesticides
sur la santé des humains et des autres espèces vivantes
du bassin de la Petitcodiac font des pesticides cosmétiques
(les utilisateurs de pesticides à des fins cosmétiques)
la 10e pire source de pollution de l’écosystème
Petitcodiac pour l’année 2004.
Solution connue pour corriger
le problème : promulguer des règlements ou des lois
municipales, provinciales et/ou fédérales, et promouvoir
les méthodes d’entretien de la pelouse sans pesticides
afin d’éliminer l’utilisation de pesticides
cosmétiques dans le basin versant
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