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PDF du rapport 2003
Le 30 janvier, 2004
La deuxième liste annuelle
des Sentinelles présentant les :
10 pires sources de pollution de l’écosystème
Petitcodiac* en 2003
*L’écosystème
Petitcodiac et ses 3 000 km2 que comprennent la rivière
Petitcodiac, la rivière Memramcook et la baie de Shepody.
Méthodologie
Dans ce document, le terme « source
de pollution » fait référence à une
activité ayant causé ou continuant de causer un
ou de multiples impacts négatifs sur la qualité
de l’eau, sur l’habitat et sur l’intégrité
écologique du système hydrographique de la Petitcodiac.
En faisant la sélection des «
10 pires sources de pollution » touchant l’écosystème
Petitcodiac en 2003, les critères suivants furent appliqués
:
1. Des activités ayant eu des
impacts négatifs multiples sur la qualité
de l’eau, de l’habitat et de la vie même de
l’écosystème Petitcodiac
2. Des activités ayant des impacts négatifs
continus sur l’écosystème
3. Des activités ayant des impacts négatifs
à court et à long terme sur l’écosystème
4. Des activités ayant des responsables clairement
identifiables pour ces impacts négatifs touchant
l’écosystème Petitcodiac
1. Le pont-chaussée
de la rivière Petitcodiac (Province du Nouveau-Brunswick)
Le pont-chaussée de la rivière
Petitcodiac est la propriété au ministère
des Transports du Nouveau-Brunswick et il est opéré
par ce dernier. Construit en 1968, le pont-chaussée est
responsable d’une détérioration écologique
à grande échelle dans l’ensemble des 3 000
km2 de son écosystème. Cette structure continue
à obstruer le passage du poisson dans au moins la moitié
du réseau des cours d’eau de la Petitcodiac, affectant
une superficie d’environ 1 340 km2 située en amont
du pont-chaussée, et a causé l’élimination
d’une section de 21 km de l’estuaire de la Petitcodiac
qui s’étendait autrefois jusqu’au Village de
Salisbury.
Le pont-chaussée est responsable
de l’élimination d’au moins cinq espèces
aquatiques de la rivière : l’alasmidonte naine (la
première espèce de moule connue comme ayant été
extirpée au Canada - la rivière Petitcodiac étant
connue comme le seul habitat canadien de cette moule), le saumon
de l’Atlantique (éliminé de la rivière
Petitcodiac au milieu des années 1990 et maintenant une
espèce en voie de disparition au Canada), l’alose
savoureuse ou la gatte (on en a déjà compté
plus de 75 000 dans la rivière Petitcodiac et il est éliminé
depuis la fin des années 1990), le bar rayé et le
poulamon de l’Atlantique (Aubé, Hanson, Klassen,
Locke, Richardson, 2000).
De plus, le pont-chaussée de la
rivière Petitcodiac est responsable de l’accumulation
massive de sédiments, ce qui a eu pour effet de réduire
de façon draconienne la largeur de la Petitcodiac. En effet,
la rivière qui était d’une largeur moyenne
d’un kilomètre en 1968 est maintenant large d’à
peine 100 mètres à la hauteur de Moncton. Le pont-chaussée
est toujours responsable de l’accumulation continue de sédiments
en aval du barrage-chaussée sur une distance de 35 kilomètres
allant jusqu’à la baie de Shepody. La rivière
se distingue malheureusement comme étant l’une des
seules rivières en Amérique du Nord où il
est possible de voir l’impact destructif des humains à
partir de l’espace.
Le pont-chaussée est aussi responsable
de la quasi élimination du mascaret, autre fois renommé
de par le monde comme étant l’une des principales
attractions touristiques des provinces atlantiques et le mascaret
le plus spectaculaire du Canada. Autrefois la fierté de
l’industrie touristique de Moncton, le mascaret de la Petitcodiac
est devenu une honte pour les agents de tourisme de la région,
en plus d’être la risée des visiteurs et des
résidents.
Moncton était autrefois un important
lieu de construction naval, mais les conditions de navigation
pour les bateaux commerciaux et les bateaux de plaisance ont été
éliminées à cause de l’accumulation
de sédiments. À cause du pont-chaussée, Moncton
est maintenant l’une des seules régions en Amérique
du Nord à avoir perdu son privilège de posséder
une rivière navigable.
Maintenant que les élèves
de la région ont commencé à s’impliquer
afin de sauver leur rivière, on peut dire qu’il y
a désormais quatre générations de citoyens
qui ont mené des efforts pour restaurer la rivière,
ce qui en fait l’une des plus longues luttes environnementales
dans l’histoire du Canada. Depuis 40 ans, 132 rapports ou
études portant sur la rivière Petitcodiac et son
pont-chaussée ont été publiés. Tous
ces rapports font en sorte que la rivière Petitcodiac constitue
le dossier environnemental portant sur la mort d’un écosystème
le plus étoffé au pays. En juillet 2003, l’organisation
Earthwild International désignait la Petitcodiac comme
étant la rivière la plus menacée au Canada,
en raison des importants dommages qu’avait causé
le pont-chaussée.
Toutes les preuves démontrant
les nombreux impacts négatifs sur l’écosystème
dans son entier, sur l’habitat, sur la qualité de
l’eau et sur la survie de toutes les espèces y résidant
font en sorte que le pont-chaussée de la rivière
Petitcodiac (Province du Nouveau-Brunswick) obtient le titre de
la pire source de pollution de l’écosystème
Petitcodiac pour l’année 2003.
Solution connue pour corriger
le problème : la restauration de l’écoulement
naturel de la rivière par l’ouverture des vannes
dans un premier temps (tel que recommandé par le ministère
des Pêches et Océans depuis 1979) et la mise en oeuvre
d’un projet pour remplacer le pont-chaussée par un
pont partiel (solution permanente).
2. Usine de traitement primaire des eaux usées
(Commission des eaux usées du grand Moncton)
L’usine de traitements primaire
des eaux usées est opérée et est la propriété
de la Commission des égouts de la région de Moncton.
Cette usine est responsable du traitement des eaux usées
de la région de Moncton. La Commission des égouts,
pour sa part, est une propriété publique des municipalités
de Dieppe, Moncton et Riverview. L’usine en question a été
présentée dans les années 1990 comme une
usine à la fine pointe de la technologie qui allait éventuellement
offrir un traitement complet des eaux usées, mais ces eaux
continuent de ne recevoir qu’un traitement primaire avancé
(c.-à-d. l’enlèvement des solides) avant d’être
directement versées dans la rivière Petitcodiac.
Vingt ans après que le projet ait été initié
et 10 ans après que l’usine ait été
mise en marche, la Commission des égouts de la région
de Moncton n’a toujours pas de plans en vue pour améliorer
l’usine pour qu’elle puisse offrir un traitement secondaire
ou tertiaire.
En moyenne, l’usine déverse
quotidiennement dans la rivière Petitcodiac entre 50 et
70 millions de litres d’eau usée traitées
seulement de façon primaire. Non seulement y a-t-il fort
probablement des substances toxiques et hormonales qui se jettent
dans la rivière, mais ces déversements causent un
excès de nutriments. Ceci peut causer un excès d’activités
microbiologiques et un manque d’oxygène. Pour un
poisson, il est très dangereux d’essayer de nager
dans une section de rivière qui manque d’oxygène.
Le taux de coliformes est également plus élevé
que ce qui est recommandé pour des fins récréatives
par les Lignes directrices canadiennes sur la qualité de
l’eau.
Ce qui est le plus inquiétant
actuellement, c’est le facteur de dilution des eaux usées
dans la rivière Petitcodiac. La capacité de dissolution
de la rivière Petitcodiac est constamment en baisse en
raison des sédiments qui continuent de s’accumuler
sur le lit de la rivière. Pendant une période où
le flux était particulièrement bas en été
2001, 2002 et 2003 (entre 12 et 18 heures par jour), la quantité
d’eaux usées déversée dans la Petitcodiac
a été estimée à être égale
ou supérieure à la quantité d’eau disponible
dans la rivière au lieu de déversement. Ceci a fait
augmenter la concentration d’eaux usées traitées
de façon primaire et a également fait augmenter
les risques de dommages environnementaux sur les espèces
aquatiques durant les périodes de flux réduit.
Le déversement quotidien, directement
dans la rivière Petitcodiac, de 50 à 70 millions
de litres d’eaux usées traitées seulement
de façon primaire, sans plans publiquement envisagés
pour améliorer le traitement de ces eaux usées à
un niveau secondaire ou tertiaire, font que l’usine
de traitement des eaux usées (la Commission des égouts
de la région de Moncton) figure au deuxième rang
des pires sources de pollution de l’écosystème
Petitcodiac pour l’année 2003.
Solution connue pour corriger
le problème : préparer des plans détaillés
pour améliorer le système à un traitement
secondaire et tertiaire, et développer différents
scénarios financiers (partenariats fédéral/provincial/municipal,
emprunts à long-terme, etc.) pour atteindre cet objectif.
3.
Ancien site d’enfouissement (Ville de Moncton)
L’ancien site d’enfouissement
qui est la propriété de la Ville de Moncton est
situé sur 35 hectares (87 acres) de terre le long de la
rivière Petitcodiac. Ce site d’enfouissement a été
ouvert peu après la construction du pont-chaussée,
en 1968, et on l’a fermé en 1992, après plus
de 20 ans de fonctionnement. Des registres confirment notamment
l’enfouissement des substances suivantes à ce site
: des déchets à base de pétrole, des déchets
animaux, de la tuyauterie en asbestos, de l’hydroxide de
sodium (produits de nettoyage), des déchets d’égouts
et des déchets médicaux (rapport GEMTEC, 1995).
Une enquête environnementale menée
par le Environmental Bureau of Investigation (EBI) et les Sentinelles
Petitcodiac en été et à l’automne 2000
avait révélé qu’entre 100 000 et 300
000 litres de lixyviat s’écoulaient quotidiennement
dans le ruisseau Jonathan à partir de différentes
fuites situées le long de l’ancien site d’enfouissement.
En février 2002, des accusations judiciaires ont été
engagées par Environnement Canada envers la Ville de Moncton
et la firme de consultants relativement à ce cas (le cas
Gemtec est encore devant les tribunaux).
La Ville de Moncton a plaidée
coupable à ces accusations en septembre 2003, et s’est
vu imposée une ordonnance de la cour pour qu’elle
entreprenne des travaux visant à éliminer ces déversements
dans le ruisseau Jonathan et la rivière Petitcodiac. Ce
plan de fermeture est en train d’être révisé
par les agences fédérales et provinciales, et les
déversements de lixyviat toxique se poursuivront dans ces
cours d’eau jusqu’à ce que ces travaux aient
lieu.
L’écoulement continu de lixyviat toxique provenant
de l’ancien site d’enfouissement dans le ruisseau
Jonathan et dans la rivière Petitcodiac, à un taux
estimé à des dizaines de milliers de litres par
jour, fait de l’ancien site d’enfouissement
(Ville de Moncton) la troisième pire source de pollution
de l’écosystème Petitcodiac en 2003.
Solution connue pour corriger
le problème : installer un système pour recueillir
le lixyviat et construire un couvert imperméable entourant
le dépotoir
4. Déversements d’usine de textile (Tandem Fabrics
Ltd.)
L’entreprise Tandem Fabrics Ltd.,
propriétaire de l’usine située sur le chemin
Mill à Moncton, est à l’origine des déversements
d’usine de textile dans le ruisseau Humphreys. Ces déversements
de substances toxiques dans ce ruisseau se produisent depuis au
moins huit ans et possiblement depuis plusieurs décennies.
Les rejets liquide d’usines de textile sont considérés
très toxiques et font présentement l’objet
d’une révision à Environnement Canada, qui
considère interdire l’usage répandu de cette
substance au Canada dans les années à venir.
Les déversements d’usine
de textile sont des substances toxiques et hormonales qui peuvent
avoir des conséquences graves sur les espèces aquatiques.
Ces substance se désintègrent difficilement dans
les écosystèmes et sont portées au processus
de bio-accumulation dans la chaîne alimentaire. En décembre
2003, après avoir été forcée par Environnement
Canada d’éliminer les rejets toxiques de son usine
de textile dans le ruisseau Humphreys, Tandem Fabrics Ltd. s’est
pliée à cette ordre et a raccordé son système
d’acheminement d’égoût au système
d’égoût du Grand Moncton. Après plusieurs
décennies d’abus, le ruisseau Humphreys devrait donc
commencer à s’améliorer au cours des années
à venir.
L’écoulement continu de
substances toxiques provenant d’usine de textile dans le
ruisseau Humphreys, à un taux estimé à des
millions de litres par an depuis au moins huit ans et possiblement
plusieurs décennies, fait du déversement
d’usine de textile (Tandem Fabrics Ltd.) la quatrième
pire source de pollution de l’écosystème Petitcodiac
en 2003.
Solution connue pour corriger
le problème : acheminer ces déversements d’usine
de textile vers le système d’égoût du
Grand Moncton afin qu’ils puissent être traîtés.
5. Écoulement d’eaux usées (divers
gouvernements municipaux incluant la Commission des égouts
de la région de Moncton)
Opérés par plusieurs municipalités
du bassin versant y compris la Commission des égouts de
la région de Moncton, les systèmes d’égouts
sont conçus pour conduire les eaux usées des résidences
et des commerces jusqu’aux usines de traitement avant d’être
relâchées dans l’environnement. À cause
d’un mauvais entretien ou d’une mauvaise conception,
des eaux usées non-traitées ont continué
à être versées dans les cours d’eau
du bassin de la Petitcodiac en 2003.
Ces déversements qui sont en plus
forte concentration dans la région de Moncton ont de sérieux
impacts sur l’environnement. À cause de la présence
de substances causant des maladies aux humains, comme les coliformes
et l’ecoli, les déversements d’eaux usées
dans les cours d’eau est une sérieuse menace à
la santé publique. Les eaux usées ont également
un impact sur les organismes aquatiques. Elles ont un taux élevé
de nutriments qui cause une prolifération excessive des
plantes aquatiques et des algues. Les microorganismes qui décomposent
les eaux d’égout ont besoin de hauts taux d’oxygène.
Par conséquent, les organismes aquatiques qui ont besoin
de beaucoup d’oxygène pour leur survie, telle que
les salmonidés, vont quitter l’endroit ou mourir
d’un manque d’oxygène.
Dans les endroits où les stocks
d’oxygène sont très bas, les microorganismes
anaérobies, qui n’ont pas besoin d’oxygène
pour vivre, prolifèrent et détériorent la
qualité de l’eau en libérant des substances
odorantes. La présence d’hormones et d’autres
substances endocrines disruptives dans les eaux usées peut
également avoir de sérieux impacts négatifs
sur les organismes aquatiques (le déversement dans le ruisseau
Humphrey en juin 2002 en est un bon exemple).
Dans le système hydrographique
de la Petitcodiac, des eaux usées non-traitées se
déversent souvent dans les cours d’eau par les conduits
d’égouts entrecroisés après d’importantes
précipitations. De la pluie abondante fait déborder
le système d’égout dans le système
d’égout pluvial et dans les cours d’eau par
l’entrecroisement des deux systèmes. Par exemple,
dans le bassin du ruisseau Halls qui est en fait un sous-bassin
de celui de la Petitcodiac, il y a plusieurs entrecroisements
d’égouts le long des ruisseaux Rabbit et Humphreys.
Des eaux usées peuvent aussi être versées
dans les cours d’eau par des fosses septiques défectueuses.
Les multiples impacts négatifs
causés au système hydrographique de la Petitcodiac,
aux espèces qui y vivent et à la qualité
de l’eau fait des écoulements d’eaux
usées (divers gouvernements municipaux incluant la Commission
des eaux usées du grand Moncton) la 5e pire source de pollution
de l’écosystème Petitcodiac pour l’année
2003.
Solution connue pour corriger
le problème : entretenir de façon adéquate
l’infrastructure des égouts sanitaires, corriger
les défauts de conduits d’égouts entrecroisés
et construire des systèmes permettant une plus grande capacité
de rétention pour éviter les déversements.
6. Les ponts-chaussée Memramcook et Shepody (Province
du Nouveau-Brunswick)
Le pont-chaussée de la rivière
Memramcook et celui de la rivière Shepody, construits en
1973 et en 1958 respectivement, sont la propriété
de la Province du Nouveau-Brunswick. Ils ont complètement
transformé le fonctionnement naturel de l’écosystème
sur les 400 km2 du bassin de la rivière Memramcook, et
les 550 km2 du bassin de la rivière Shepody. Ces barrages,
conçus sans passage à poissons, bloquent entièrement
le passage de poissons sur environ 250 km2 du système hydrographique
de la rivière Memramcook et 500 km2 (90 pourcent) du système
hydrographique de la rivière Shepody. Ces barrages ont
également éliminé plusieurs kilomètres
d’estuaire, et perturbé la dynamique d’échange
d’eau salée-fraîche dans l’écosystème.
Ces barrages sont la cause de l’élimination
de presque toutes les espèces de poissons qui vivaient
traditionnellement dans le système hydrographique de la
rivière Memramcook et de la rivière Shepody, tel
le saumon de l’Atlantique (une population autrefois estimée
à entre 1 000 et 2 000 dans chacunes des rivières),
l’alose savoureuse ou la gatte, le bar rayé, le poulamon
de l’Atlantique, la truite de mer et autres.
Ces barrages sont également la
cause continuelle d’accumulation de sédiments en
aval de ceux-ci. Cette accumulation de sédiments réduit
la largeur de la rivière et affecte les vasières
de la baie de Shepody, un habitat critique aux populations d’oiseaux
migrateurs.
Le pont-chaussée Memramcook avait
été construit au début des années
1970 contre le gré des communautés vivant dans cette
vallée. À l’automne de 1999, la Province du
Nouveau-Brunswick a, à la demande de ces communautés,
entrepris les démarches nécessaires pour restaurer
le flux de la rivière. Mais plus de quatre ans après
cet engagement, le plan pour opérer les vannes afin de
permettre à l’eau de circuler librement durant l’ensemble
de l’année (qui implique la réhabilitation
de levées pour protéger les terres agricoles) n’était
toujours pas en marche en 2003.
Les nombreux impacts négatifs
sur l’ensemble de la rivière Memramcook et de la
rivière Shepody, sur les espèces qui y vivent et
sur la qualité de l’eau fait des ponts-chaussée
de Memramcook et de Shepody (Province du Nouveau-Brunswick) la
6e pire source de pollution de l’écosystème
Petitcodiac pour l’année 2003.
Solution connue pour corriger
le problème : la mise en application d’un plan d’ouverture
gérant les vannes pour l’ensemble de l’année,
dans un premier temps, et la mise en oeuvre d’un projet
pour restaurer le flux naturel de la rivière Memramcook
et de la rivière Shepody en remplaçant le pont-chaussée
par un pont partiel (solution permanente).
7. Destruction d’habitat et altération des
cours d’eau (divers promoteurs particuliers)
Des développements insensibles
à l’environnement, menées par divers promoteurs
de projets résidentiels, commerciaux ou industriels avec
l’approbation des Commissions d’aménagement
de la région peuvent avoir plusieurs impacts, sévères
et irréversibles, sur l’écologie du bassin
versant. Dans le bassin versant de la Petitcodiac, la plupart
de ces développements insensibles se font dans le territoire
sous la compétence de la Commission d’aménagement
du grand Moncton. Les principaux impacts sont la destruction de
l’habitat et l’altération des cours d’eau.
Les principaux habitats du bassin versant
sur lesquels dépendent la vie aquatique et la qualité
de l’eau sont les marécages et les zones riveraines.
Ces dernières incluent les cours d’eau, la zone riveraine,
les zones tampons et la forêt environnante.
Ces différentes composantes fonctionnent
ensemble pour assurer l’intégrité environnementale
et le maintien d’habitats adéquats pour les plantes,
les poissons et les autres animaux. Il est important de se rappeler
que l’habitat du poisson est composé de l’eau
et du substrat. Les propriétés physiques du lit
d’un ruisseau ou d’une rivière, également
nommé substrat, va déterminer quel type de plante
et d’animaux va y vivre et y frayer. Les poissons ont besoin
de certains types de substrat pour déposer leurs œufs
pendant la saison de pondaison et également pour s’abriter
et se nourrir. La végétation le long des berges
des ruisseaux et des rivières (c.-à.-d. la zone
riveraine) joue également un rôle important dans
la conservation du cours d’eau. Elle filtre l’eau
qui ruisselle sur le bord d’un cours d’eau, elle réduit
l’érosion et elle procure de l’ombre, gardant
la température de l’eau fraîche en été,
permettant ainsi au taux élevé d’oxygène,
essentiel aux poissons.
La destruction de l’habitat et
des cours d’eau de la région continue à accélérer
dans le bassin versant de la Petitcodiac en raison de l’empiètement
urbain. Les conséquences socio-économiques et écologiques
de l’altération d’un habitat ne sont pas aussi
évidentes que celles causées par la destruction
de marais, mais peuvent être autant graves. Par exemple,
faire passer un ruisseau dans un tuyau souterrain peut entraver
le passage des poissons et restreindre l’accès des
poissons anadromes à leurs frayères en amont, ce
qui pourrait réduire la population de poissons commerciaux
et récréatifs. Ainsi, les pêcheurs d’estuaire
peuvent souffrir d’une diminution des prises, de difficultés
financières ou même éventuellement de la perte
de leur gagne-pain. Cet exemple démontre l’étroite
relation entre les écosystèmes côtiers et
ceux des bassins versants et comment la prospérité
des communautés dépendent de la santé de
l’environnement local.
Les impacts négatifs sur le système
hydrographique de la Petitcodiac, sur les espèces qui y
vivent et sur la qualité de l’eau font de la destruction
d’habitat et l’altération des cours d’eau
(divers promoteurs particuliers) la 7e pire source de pollution
de l’écosystème Petitcodiac pour l’année
2003.
Solution connue pour corriger
le problème : Adopter des politiques de planification urbaine
pour protéger les cours d’eau et leurs zones riveraines,
ainsi que mettre en application les lois environnementales de
façon plus efficace.
8. Déversements d’égouts pluviaux
(diverses agences gouvernementales municipales et provinciales)
Les systèmes d’égouts
pluviaux sont opérés par différentes agences
des gouvernements municipaux et provincial. Ils sont conçus
pour diriger l’eau de surface soit vers des bassins de filtrage,
soit vers une usine de traitement ou bien directement dans des
cours d’eau. En raison d’une mauvaise conception ou
de mauvaises politiques d’aménagement, les égouts
pluviaux ont continué de verser une quantité importante
de polluants dans les cours d’eau du bassin de la Petitcodiac
en 2003.
L’eau de surface est de l’eau
qui n’est pas absorbée par le sol et qui coule rapidement
sur des surfaces imperméables avant de se verser directement
dans les cours d’eau. En raison de la grande étendu
de surfaces imperméables telles que les routes et les terrains
de stationnement, les villes sont un apport considérable
à la quantité d’eau de surface versée
dans nos cours d’eau locaux. L’augmentation de surfaces
imperméables diminue également l’absorption
de l’eau souterraine, ce qui réduit le niveau d’eau
dans les cours d’eau.
L’écoulement de l’eau
de surface peut transformer l’habitat riverain et diminuer
la qualité de l’eau. L’écoulement des
eaux de surface peut également atteindre une très
grande vitesse pendant une période d’abondantes précipitations,
ce qui mène à l’érosion et à
l’élargissement des berges adjacentes. L’eau
de surface peut faire augmenter la température de l’eau
durant l’été et ces changements de température
draconiens peuvent être mortels pour une multitude d’organismes
aquatiques. Enfin, le contenu de l’eau de surface peut également
être très nocif à la vie aquatique. Des polluants,
tels les sédiments, le pétrole, les métaux,
les pesticides, les bactéries et les nutriments, accumulés
dans les rues, sur les édifices, sur les pelouses et dans
les terrains de stationnement se déposent directement dans
nos cours d’eau avec l’écoulement de l’eau
de surface.
La multitude d’impacts négatifs
sur le système hydrographique de la Petitcodiac, sur les
espèces qui y vivent et sur la qualité de l’eau
font des déversements d’égouts pluviaux
(diverses agences des gouvernements municipaux et provincial)
la 8e pire source de pollution de l’écosystème
Petitcodiac pour l’année 2003.
Solution connue pour corriger
le problème : développer et adopter des politiques,
comme il existe dans plusieurs autres régions de l’Amérique
du Nord, pour mieux gérer les eaux de surface, en aménageant
des systèmes ou des bassins de filtrages.
9. Divers
barrages abandonnés et barrages de différents types
(Ville de Moncton Lac Jones – 60 km2), Ville de Riverview
(barrage abandonné de la marine canadienne – 50 km2),
Tandem Fabrics Ltd. (barrage abandonné du ruisseau Humphreys
– 38 km2), Ville de Moncton (réservoirs d’eau
McLaughlin et Irishtown – 34 km2), Province du N.-B. (aboiteau
Fox Creek – 34km2)
Propriétés de la Ville
de Moncton, de la Ville de Riverview, d’une entreprise privée
(Tandem Fabrics Ltd.) et de la Province du Nouveau-Brunswick,
des barrages abandonnés et des barrages de différents
types continuent de bloquer entièrement le passage à
poisson et de déranger l’intégrité
écologique de nombreux tributaires du bassin versant de
la rivière Petitcodiac.
Le barrage du lac Jones (affectant 60
km2), le barrage abandonné de la marine canadienne sur
le ruisseau Mills (affectant 50 km2), le barrage abandonné
du ruisseau Humphreys (affectant 38 km2), les réservoirs
McLaughlin et Irishtown (affectant 34 km2) et l’aboiteau
du Ruiseau-des-Renards (Fox Creek, affectant 34 km2) sont la cause
de l’élimination de presque toutes les espèces
de poissons qui vivaient traditionnellement dans ces cours d’eau,
tel le saumon de l’Atlantique, la truite de mer et autres.
Ces barrages sont également la
cause continuelle d’accumulation de sédiments en
amont de ceux-ci, l’augmentation des températures
d’eau et la déterioration de la qualité d’eau
dans ces réservoirs. Construits pour diverses raisons (esthétiques,
pour produire de l’énergie, pour empêcher les
inondations, l’approvisionnement d’eau potable) aussi
loin qu’en 1890 et aussi récent qu’en 1950,
certains de ces barrages ont depuis longtemps été
abandonnés et ne remplissent plus, aujourd’hui, les
fonctions pour lesquelles ils avaient été conçus.
Des plans de démantèlement
ont maintenant été préparés pour les
barrages abandonnés du ruisseau Mills (Riverview) et du
ruisseau Humphreys (Moncton), et ces projets attendent d’être
financés avant que ces projets de restauration puissent
aller de l’avant. Une vanne de l’aboiteau du Ruisseau-des-Renards
pourrait aussi être ouverte pour permettre la libre circulation
de l’eau et d’améliorer les conditions de passage
du poisson à cet endroit, une option qui demanderait d’être
étudiée davantage.
Bien qu’il y a plusieurs années
que les reservoirs Irishtown et McLaughlin n’ont plus été
utilisés comme source d’approvisionnement en eau
pour la région, ces barrages sont toujours considérés
opérationnels. Entre temps, le lac Jones à Moncton
est rempli de sédiments et la Ville de Moncton considère
le dragger au coût de plusieurs millions de dollars.
Les nombreux impacts négatifs
sur l’ensemble des tributaires du ruisseau Jonathan (lac
Jones), le ruisseau
Mill, le ruisseau
Humphreys, le West Branch Halls Creek, le ruisseau
Ogilvie et le Ruisseau-des-Renards (Fox Creek), sur les espèces
qui y vivent et sur la qualité de l’eau de ces tributaires
fait de ces barrages abandonnés et barrages de
différents types (Ville de Moncton, Ville de Riverview,
Tandem Fabrics Ltd., Province du Nouveau-Brunswick) la 9e pire
source de pollution de l’écosystème Petitcodiac
pour l’année 2003.
Solution connue pour corriger
le problème : démantèler les barrages abandonnés
du ruisseau Mill et du ruisseau Humphreys, mener une étude
sur la faisabilité de réétablir la circulation
libre et partielle à l’aboiteau du Ruisseau-des-Renards,
évaluer la nécessité de maintenir les réservoirs
d’eau Irishtown et McLaughlin, et mener une étude
sur la faisabilité de restaurer le passage du poisson et/ou
réétablir la libre circulation de l’eau dans
l’estuaire du lac Jones.
10. Épandage
de pesticides cosmétiques (utilisateurs de pesticides cosmétiques)
L’usage cosmétique de pesticides
(et d’herbicides) sur des terrains privés, commerciaux
et gouvernementaux est pratique courante dans le système
hydrographique de la Petitcodiac. Les composés organiques
synthétiques des pesticides se retrouvent facilement dans
l’eau souterraine en s’infiltrant dans le sol et dans
l’eau de surface ou en s’écoulant avec celle-ci.
Seulement un petit pourcentage des 7 000 produits pesticides présents
dans le marché canadien a été testé
pour savoir s’ils avaient des propriétés cancérigènes
ou mutagènes. Les pesticides ont été associés
au développement du cancer, la maladie de Parkinson et
de malformation à la naissance. Toutefois, à cause
d’une multitude d’autres facteurs, comme l’hérédité
et bien d’autres, il est très difficile de faire
le lien entre l’usage des pesticides et la santé
des humains.
Les effets indirects ou non-mortels d’une
exposition aux pesticides peuvent être autant dévastateurs
que ceux qui sont immédiatement mortels. Ces effets indirects
comprennent la détérioration du système reproductif,
des changements de comportement, la perte de poids et la perte
d’habitat. Par exemple, une espèce de poisson peut
perdre une source vitale de nourriture si une espèce d’insecte
particulière est éliminée de la chaîne
alimentaire locale. Dans la même optique, cette même
espèce de poisson pourrait connaître un déclin
si elle perdait son habitat en raison de la perte de végétation
causée par l’usage de pesticides ou une régression
de la qualité de l’eau.
La concentration des pesticides augmente
dans les organismes plus l’on grimpe la chaîne alimentaire
par un processus appelé la bioaccumulation. Leur impact
sur les plantes et les animaux augmente avec le temps en s’accumulant
dans leurs tissus. Le problème est d’autant plus
inquiétant lorsque l’on considère l’épandage
accru de pesticides dans notre environnement. Selon une étude
de pointe menée par une firme américaine, 96 % des
poissons, 100 % de l’eau de surface et 33 % des organismes
aquatiques testés contenaient des traces d’au moins
un pesticide, sinon plus. L’étendue de la dispersion
des pesticides n’est pas seulement reliée à
leur usage cosmétique. Mais les gens devraient tout de
même considérer utiliser d’autres moyens que
des pesticides pour se débarrasser des « pestes »
domestiques.
Les effets dévastateurs identifiés
et potentiels de l’usage cosmétique des pesticides
sur la santé des humains et des autres espèces vivantes
du bassin de la Petitcodiac font des pesticides cosmétiques
(les utilisateurs de pesticides à des fins cosmétiques)
la 10e pire source de pollution de l’écosystème
Petitcodiac pour l’année 2003.
Solution connue pour
corriger le problème : promulguer des règlements
ou des lois municipales, provinciales et/ou fédérales,
et promouvoir les méthodes d’entretien de la pelouse
sans pesticides afin d’éliminer l’utilisation
de pesticides cosmétiques dans le basin versant.
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