Pont-chaussée Petitcodiac encore le plus important « pollueur »
« 20 ans plus tard dans la région de Moncton, toujours rien, » déclare la Sentinelle

(Moncton, le 31 janvier, 2006) – Les ponts-chaussées Petitcodiac, Memramcook et Shepody, les déversements d’égoûts, l’empiètement urbain, les barrages abandonnés et les pesticides ont continué d’endommager l’écosystème de la rivière Petitcodiac en 2005, selon un raport dévoilé aujourd’hui par les Sentinelles Petitcodiac.

Ce quatrième exercise annuel dirigé par les Sentinelles pour identifier les problèmes principaux endommageant l’écosystème Petitcodiac, est réalisé dans le but d’éduquer la population sur les besoins environnementaux les plus urgents de l’écosystème et d’encourager les responsables à prendre les mesures nécessaires pour corriger les torts qu’ils font à l’environnement.

Le terme « source de pollution » utilisé dans le rapport des Sentinelles fait référence à des activités entreprises par des individus, des corporations ou des agences gouvernementales ayant eu des impacts négatifs multiples et à long terme sur la qualité de l’eau, l’habitat et l’intégrité écologique de l’écosystème Petitcodiac (les 3 000 km2 que comprennent la rivière Petitcodiac, la rivière Memramcook et la rivière et la baie de Shepody).

« Plus de 90 pourcent du dommage à notre écosystème est causé par des agences publiques ou gouvernementales, » souligne la Sentinelle Petitcodiac, Daniel LeBlanc. Des agences publiques telles la Province du Nouveau-Brunswick, la Commission des eaux usées du Grand Moncton et divers municipalités se retrouvent encore en tête de la liste des « pires pollueurs » de l’année 2005 en raison de leurs activités néfastes à l’environnement. La liste se lit comme suit  (le rapport complet est disponible au site Web des Sentinelles – www.petitcodiac.org) :

Les 10 pires sources de pollution Les responsables

1. Pont-chausée Petitcodiac (1,350 km2)

Province du Nouveau-Brunswick

2. Usine de traitement des eaux usées

Commission des eaux usées du Grand Moncton

3. Ancien site d’enfouissement de Moncton

Ville de Moncton

4. Pont-chaussée Memramcook (350 km2) et Shepody (500 km2)

Province du Nouveau-Brunswick

5. L’empiètement urbain – la destruction de cours d’eau et de l’habitat du poisson

Divers promoteurs privés, divers gouvernements municipaux

6. Divers barrages abandonnés et autres obstructions (203 km2)

Ville de Moncton (barrage lac Jones – 48 km2), Ville de Riverview (barrage abandonné – 50 km2), Tandem Fabrics Ltd. (barrage abandonné – 37 km2), Ville de Moncton (réservoirs d’eau McLaughlin et Irishtown – 34 km2), Province du N.-B. (aboiteau Fox Creek – 34km2)

7. Pollution sédimentaire

Divers promoteurs privés, gouvernements municipaux, Province du Nouveau-Brunswick

8. Déversement des égouts pluviaux

Divers gouvernements municipaux et la Province du Nouveau-Brunswick

9. Déversement d’eaux usées non traîtées

Divers gouvernements municipaux et la Commission des eaux usées du Grand Moncton

10. Épandage de pesticides cosmétiques

Utilisateurs de pesticides cosmétiques, paysagistes, divers gouvernements municipaux

Deux des trois pires sources de pollution, le pont-chaussée Petitcodiac et les déversements de lixiviat en provenance de l’ancien dépotoir à Moncton, ont été déclarés en contravention de la Loi fédérale sur les pêches. « Ces agences ont pris plus de temps qu’on avait prévu pour se conformer à la loi, » admet la Sentinelle. « Notre région ne brille pas par son exemple. »

En effet, depuis la publication de sa première liste en 2002, rien n’a changé et aucun des pires « pollueurs » n’a même bougé explique la Sentinelle. « On note beaucoup d’activité au niveau administratif et règlementaire, mais la réalité demeure que notre écosystème est en bien pire état qu’il ne l’était il y a quatre, 10 ou 20 ans, » affirme M. LeBlanc. « Nous constatons aussi beaucoup de progrès affectant le passage du poisson dans la Miramichi ainsi qu’ailleurs au Canada et aux Etats-Unis, mais 20 ans plus tard dans la région de Moncton, toujours rien, » ajoute-il.

Depuis la promesse électorale de Bernard Lord en 1999 de mener une Étude d’impact sur l’environnement complète (EIE) portant sur la rivière Petitcodiac, une quantité incroyable de 14 millions de mètres cubes se serait déposé dans la rivière en raison du pont-chaussée, souligne le récent rapport de l’EIE. Les espèces invasives ont aussi continué leur prolifération dans l’écosystème et la Petitcodiac fut désignée Rivière la plus menaçée au Canada en 2003.

Malgré l’état pessimiste des choses, la Sentinelle garde toujours espoir. La semaine dernière, l’organisme annonçait le récipiendaire du prix de la rivière Petitcodiac pour 2005 à la Province du Nouveau-Brunswick pour son rôle de leadership dans la réalisation de l’Étude d’impact sur l’environnement qui recommande l’ouverture du pont-chaussée. Les Sentinelles s’attendent à ce qu’une annonce positive concernant la restauration de la Petitcodiac se fasse connaître dès cet hiver, ce qui permettra à la vie de reprendre dans cette la tristement célèbre rivière.

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RENSEIGNEMENTS :
Daniel LeBlanc, Sentinelle Petitcodiac
(506) 388-5337
www.petitcodiac.org

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