Le pont partiel sur le barrage-chaussée et la différence entre la « question d'un pont » et une « question environnementale »

Par Daniel LeBlanc
Sentinelle Petitcodiac

Le 14 mars, notre organisme a publié un document intitulé 'Document de réflexion sur les options en vue de la restauration de la rivière Petitcodiac'.

Notre but est de produire une discussion, de l'intérÕt ainsi que du feed-back dans notre communauté au sujet du bassin de la rivière Petitcodiac et de l'estuaire de la Baie de Shepody, des effets du barrage-chaussée sur notre écosystème, ainsi que des options disponibles afin de restaurer l'écoulement naturel d'eau dans le système de la rivière Petitcodiac.

À travers cet exercice, nous souhaitons également offrir au public un ensemble compréhensif d'outils économiques, sociaux et environnementaux pour lui permettre de prendre sa propre décision sur la question de restaurer la rivière Petitcodiac. Depuis la publication du document la semaine dernière, un certain nombre de questions intéressantes nous ont été posées sur la logique derrière la longueur de 250 m, les coûts et bénéfices associés à cette option, ainsi qu'à la période de temps envisagée. Cette chronique répondra partiellement à ces questions mais nous encourageons ceux qui ont accès à Internet de télécharger une copie gratuite du document à l'adresse
www.petitcodiac.org, ou bien de nous envoyer un chèque de 5 dollars avec votre adresse à C. P.  300, Moncton.

1) Pourquoi 250 mètres?

L'option du pont de 250 m, proposée par ADI Ltée. (le barrage-chaussée est de 1 kilomètre de long), est la longueur établie pour restaurer environ 100 % de l'échange de marée à travers la structure. Cette longueur est basée sur des estimés hydrologiques faites dans le cadre d'une étude d'ADI Ltée. de 1992. Évidemment, cette figure pourrait légèrement changer une fois qu'une recherche détaillée soit faite pour se préparer à cette option de restauration.

L'atteinte de l'objectif d'échange de marée "d'environ 100 %" est souvent utilisée par des ingénieurs et des hydrologistes en établissant des paramètres pour ¥ restaurer pleinement ™ les bassins des rivières. Autrement dit, mÕme si la rivière Petitcodiac a une largeur d'environ 1 kilomètre à cette jonction, très peu d'ingénieurs et d'hydrologistes auraient comme objectif de remplacer entièrement la structure.

2) Quel en sera le coût?

Une manière de répondre à cette question est de dire que cela dépend de la façon de voir les choses. L'option d'un pont partiel énumère 7 gains quantifiables, à partir des épargnes liées à la non-opération des vannes du barrage-chaussée, à celles liées aux conditions améliorées de drainage et à la restauration de la poche commerciale et sportive dans le bassin de la rivière.

Pour ceux qui s'interrogent sur les figures monétaires en considérant que ce sont des chiffres de 1992 projetés sur une période de 10 ans, le document estime de façon conservatrice ces gains à entre 2,7 $ et 6,7 $ millions.

L'option d'un pont partiel énumère aussi 20 bénéfices intangibles, à partir de la restauration de 21 kilomètres d'estuaire à la partie supérieure de la rivière, à la bonne volonté internationale créée par le rétablissement de l'écosystème et du Mascaret de la rivière Petitcodiac. La valeur de tout ceci dépend, encore une fois, de la façon dont il est évalué.

Du côté des dépenses, le document suggère que les coûts totaux de cette option soient de 18,5$ à 19,5$ millions, dont environ la moitié de cette somme représente les coûts associés à la construction du pont partiel. Le reste aborde les questions de la protection d'érosion, de l'opération du barrage-chaussée et des achats de terre.

En laissant ces nombres de côté pour un moment, je constate qu'une meilleure façon de comprendre les implications des coûts et des bénéfices associés à l'option d'un pont partiel est de comparer toutes ces figures aux initiatives de restauration semblables se produisant à l'échelle locale et mondiale. De ce point de vue, la question devient plutôt Îrestauratrice ou environnementale' qu'une Îquestion de pont'.

Plusieurs exemples de restauration environnementale ou de projets de nettoyage existent à l'échelle nationale et internationale, ce qui nous aide à comparer. Le projet de nettoyage de 12 $ millions des vieilles propriétés de CN à Moncton est un exemple initié, j'imagine, afin que les générations actuelles et futures n'héritent pas de la dévastation et la perte environnementale.

Un autre exemple d'un projet de restauration, cette fois devant le Congrès des ätats-Unis, est un projet de 20 ans de 7,8 milliards de dollars pour restaurer l'écoulement plus naturel de l'eau aux Everglades de la Floride. C'est une entreprise énorme, mais encore ici, j'imagine que votre appui d'une telle mesure dépend fortement de la façon dont vous évaluez l'idée de restaurer les Everglades.

3) Quelle est la période de temps?

La période de temps envisagée pour terminer l'option d'un pont partiel est d'entre 3 à 5 ans. Ceci s'applique à partir d'une planification, d'autofinancement et d'une perspective environnementale de restauration. Ceci est également une approche par étapes à la restauration.

Durant les premières années, les vannes de la structure du barrage-chaussée sont ouvertes pour permettre la restauration des fonctions normales de l'estuaire, l'élargissement du canal vers le bas de la rivière, et la solidification des bancs du lac artificiel. C'est aussi le moment oò la planification et la construction du pont partiel ont lieu.

Du côté de la gestion de la circulation routière, cela aiderait sûrement si le nouveau pont remplaçant l'ancien pont Gunningsville était pleinement opérationnel. Nous avons dit dans le passé que nous appuyons la nouvelle proposition d'un pont au site de Gunningsville pour trois raisons:

1) les soucis que le pont du ruisseau Halls gÕne le Mascaret de la rivière Petitcodiac,

2) la possibilité de conserver l'ancien pont comme allée piétonnière et

3) l'épargne occasionnée par le choix de Gunningsville étant dirigé vers le financement de l'option d'un pont partiel.

Nous attendons avec intérÕt de discuter des propos ci-dessus avec la communauté.

Daniel LeBlanc est le directeur général des Sentinelles Petitcodiac Riverkeeper, un organisme à but non-lucratif travaillant pour la restauration, la préservation et la protection du bassin de la rivière Petitcodiac et de l'estuaire de la Baie de Shepody au sud-est du Nouveau-Brunswick.


accueil  |  qui nous sommes  |  la petitcodiac  |  campagnes  |  le mascaret  |  liens  |  nos coordonnées