Des pêcheurs d’expérience
défendent la rivière
Sentinelles
soumet des commentaires
assermentés à l’EIE sur la Petitcodiac
MONCTON - 19 mai, 2004 -
Sentinelles Petitcodiac a déposé hier une série
de déclarations sous serment et soumis des commentaires
à l’équipe de l’Étude d’impact
environnemental qui appuyaient les résultats des scientifiques
voulant que le pont-chaussée de la Petitcodiac ait provoqué
l’élimination des populations de poisson et que seule
la restauration de la rivière devrait être considérée
pour sauver cet écosystème en péril.
Les six affidavits soumis par les Sentinelles
lundi proviennent de personnes qui pêchaient la rivière
Petitcodiac avant la construction du pont-chaussée. Daniel
LeBlanc des Sentinelles affirme que cette démarche représente
une étape importante dans cette longue lutte pour sauver
la Petitcodiac. « Même si l’effet dévastateur
du pont-chaussée sur les stocks de poissons, sur la pêche
commerciale et récréative de la région et
sur le mode de vie des habitants de notre communauté est
déjà bien connu, il s’agit de la première
fois que des témoignages assermentés sont soumis
comme preuve d’appui à un processus public entourant
la rivière Petitcodiac.»
« Le fait que des gens de notre
communauté, vivant à 25 kilomètres du pont-chaussée
à Pré-d’en-haut (Belliveau Village) et de
35 à 50 kilomètres en amont du pont-chaussée
aux Village de Petitcodiac ou à Elgin ont perdu leur mode
de vie en raison du pont-chaussée, qu’ils n’ont
jamais été compensés pour ses pertes et que
cette situation n’a jamais été reconnue officiellement
par les gouvernements demeure une injustice qui n’a jamais
été reglée », ajoute LeBlanc. «
Que leurs histoires soient maintenant déposées comme
témoignages assermentés est un fait important. »
Les six pêcheurs amateurs et commerciaux
sont originaires de différentes communautés le long
de la rivière Petitcodiac et ils attestent tous à
la diminution dramatique des populations de poisson et aux changements
drastiques dans l’écosystème riverain depuis
la construction du pont-chaussée. Des copies des affidavits
peuvent être consultés sur le site Internet des Sentinelles
Petitcodiac (www.petitcodiac.org).
Charlie Smith a 86 ans et a grandi
à Lower Coverdale. Lorsqu’il était adolescent,
il pêchait du poisson dans les rivières Little et
Pollett, deux tributaires de la Petitcodiac en amont du pont-chaussée.
Il affirme, “au printemps, on allait à la pêche
et on pouvait prendre peut-être 8 ou 10 saumons. Toutefois,
on ne pouvait en garder qu’un, c’était la loi.
Aujourd’hui, tu pourrais te rendre là et jamais voir
un seul saumon. »
Roméo Belliveau, 55 ans, a grandi
à Dieppe. Il a commencé à pêcher dans
la rivière Petitcodiac quand il avait à peu près
10 ans. « Je pêchais régulièrement à
chaque été jusqu’à l’âge
de 16 ou 17 ans. Je prenais du poulamon et des anguilles et je
pêchais habituellement avec des laîches. Il y avait
parfois deux ou trois poissons sur ma ligne en même temps.
»
Le public avait jusqu’au 17 mai
pour soumettre ses commentaires suite à l’atelier
sur le passage du poisson, organisée dans le cadre de l’EIE
portant sur la rivière Petitcodiac et qui avait eu lieu
à Moncton le mois dernier. L’ébauche du rapport
de cette EIE de 3 ans au coût de 4 millions $ sera rendue
publique à l’automne 2004, et la décision
finale quant à l’avenir du pont-chaussée Petitcodiac
sera prise au printemps 2005.
RENSEIGNEMENTS :
Daniel LeBlanc (506) 388-5337
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