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Le 16 janvier, 2003
La première liste annuelle des Sentinelles
présentant les :
10 pires sources
de pollution
de l'écosystème Petitcodiac* en 2002
*L'écosystème Petitcodiac
et ses 3 000 km2 que comprennent la rivière Petitcodiac,
la rivière Memramcook et la baie de Shepody.
Méthodologie
Dans ce document, le terme « source
de pollution » fait référence à une
activité ayant causé ou continuant de causer un
ou de multiples impacts négatifs sur la qualité
de l'eau, sur l'habitat et sur l'intégrité écologique
du système hydrographique de la Petitcodiac.
En faisant la sélection des «
10 pires sources de pollution » touchant l'écosystème
Petitcodiac en 2002, les critères suivants furent appliqués
:
1. Des activités ayant eu des impacts
négatifs multiples sur la qualité de l'eau,
de l'habitat et de la vie même de l'écosystème
Petitcodiac
2. Des activités ayant des impacts négatifs
continus sur l'écosystème
3. Des activités ayant des impacts négatifs
à court et à long terme sur l'écosystème
4. Des activités ayant des responsables clairement
identifiables pour ces impacts négatifs touchant l'écosystème
Petitcodiac
1. Le pont-chaussée
de la rivière Petitcodiac (Ministère des Transports
du Nouveau-Brunswick)
Le pont-chaussée de la rivière
Petitcodiac est la propriété au ministère
des Transports du Nouveau-Brunswick et il est opéré
par ce dernier. Construit en 1968, le pont-chaussée est
responsable d'une détérioration écologique
à grande échelle dans l'ensemble des 3 000 km2
de son écosystème. Cette structure continue à
obstruer le passage du poisson dans au moins la moitié
du réseau des cours d'eau de la Petitcodiac, affectant
une superficie d'environ 1 350 km2 située en amont du
pont-chaussée, et a causé l'élimination
d'une section de 21 km de l'estuaire de la Petitcodiac qui s'étendait
autrefois jusqu'au Village de Salisbury.
Le pont-chaussée est responsable
de l'élimination d'au moins cinq espèces aquatiques
de la rivière : l'alasmidonte naine (la première
espèce de moule connue comme ayant été extirpée
au Canada - la rivière Petitcodiac étant connue
comme le seul habitat canadien de cette moule), le saumon de
l'Atlantique (éliminé de la rivière Petitcodiac
au milieu des années 1990 et maintenant une espèce
en voie de disparition au Canada), l'alose savoureuse ou la gatte
(on en a déjà compté plus de 75 000 dans
la rivière Petitcodiac et il est éliminé
depuis la fin des années 1990), le bar rayé et
le poulamon de l'Atlantique (Aubé, Hanson, Klassen, Locke,
Richardson, 2000).
De plus, le pont-chaussée de la
rivière Petitcodiac est responsable de l'accumulation
massive de sédiments, ce qui a eu pour effet de réduire
de façon draconienne la largeur de la Petitcodiac. En
effet, la rivière qui était d'une largeur moyenne
d'un kilomètre en 1968 est maintenant large d'à
peine 100 mètres à la hauteur de Moncton. Le pont-chaussée
est toujours responsable de l'accumulation continue de sédiments
en aval du barrage-chaussée sur une distance de 35 kilomètres
allant jusqu'à la baie de Shepody. La rivière se
distingue malheureusement comme étant l'une des seules
rivières en Amérique du Nord où il est possible
de voir l'impact destructif des humains à partir de l'espace.
Le pont-chaussée est aussi responsable
de la quasi élimination du mascaret, autre fois renommé
de par le monde comme étant l'une des principales attractions
touristiques des provinces atlantiques et le mascaret le plus
spectaculaire du Canada. Autrefois la fierté de l'industrie
touristique de Moncton, le mascaret de la Petitcodiac est devenu
une honte pour les agents de tourisme de la région, en
plus d'être la risée des visiteurs et des résidents.
Moncton était autrefois un important
lieu de construction naval, mais les conditions de navigation
pour les bateaux commerciaux et les bateaux de plaisance ont
été éliminées à cause de l'accumulation
de sédiments. À cause du pont-chaussée,
Moncton est maintenant l'une des seules régions en Amérique
du Nord à avoir perdu son privilège de posséder
une rivière navigable.
Maintenant que les élèves
de la région ont commencé à s'impliquer
afin de sauver leur rivière, on peut dire qu'il y a désormais
quatre générations de citoyens qui ont mené
des efforts pour restaurer la rivière, ce qui en fait
l'une des plus longues luttes environnementales dans l'histoire
du Canada. Depuis 40 ans, 132 rapports ou études portant
sur la rivière Petitcodiac et son pont-chaussée
ont été publiés. Tous ces rapports font
en sorte que la rivière Petitcodiac constitue le dossier
environnemental portant sur la mort d'un écosystème
le plus étoffé au pays. En juin 2002, l'organisation
Earthwild International désignait la rivière
Petitcodiac comme étant la 2e rivière la plus menacée
au Canada, en raison des importants dommages qu'avait causé
le pont-chaussée.
Toutes les preuves démontrant les
nombreux impacts négatifs sur l'écosystème
dans son entier, sur l'habitat, sur la qualité de l'eau
et sur la survie de toutes les espèces y résidant
font en sorte que le pont-chaussée de la rivière
Petitcodiac (ministère des Transports du Nouveau-Brunswick)
obtient le titre de la pire source de pollution de l'écosystème
Petitcodiac pour l'année 2002.
Solution connue pour corriger le problème
: la restauration de l'écoulement naturel de la rivière
par l'ouverture des vannes dans un premier temps (tel que recommandé
par le ministère des Pêches et Océans depuis
1979) et la mise en oeuvre d'un projet pour remplacer le pont-chaussée
par un pont partiel (solution permanente).
2. Usine de traitement
primaire des eaux usées (Commission des eaux usées
du grand Moncton)
L'usine de traitements primaire des eaux
usées est opérée et est la propriété
de la Commission des égouts de la région de Moncton.
Cette usine est responsable du traitement des eaux usées
de la région de Moncton. La Commission des égouts,
pour sa part, est une propriété publique des municipalités
de Dieppe, Moncton et Riverview. L'usine en question a été
présentée dans les années 1990 comme une
usine à la fine pointe de la technologie qui allait éventuellement
offrir un traitement complet des eaux usées, mais ces
eaux continuent de ne recevoir qu'un traitement primaire avancé
(c.-à-d. l'enlèvement des solides) avant d'être
directement versées dans la rivière Petitcodiac.
Vingt ans après que le projet ait été initié
et 9 ans après que l'usine ait été mise
en marche, la Commission des égouts de la région
de Moncton n'a toujours pas de plans en vue pour améliorer
l'usine pour qu'elle puisse offrir un traitement secondaire ou
tertiaire.
En moyenne, l'usine déverse quotidiennement
dans la rivière Petitcodiac entre 50 et 70 millions de
litres d'eau usée traitées seulement de façon
primaire. Non seulement y a-t-il fort probablement des substances
toxiques et hormonales qui se jettent dans la rivière,
mais ces déversements causent un excès de nutriments.
Ceci peut causer un excès d'activités microbiologiques
et un manque d'oxygène. Pour un poisson, il est très
dangereux d'essayer de nager dans une section de rivière
qui manque d'oxygène. Le taux de coliformes est également
plus élevé que ce qui est recommandé pour
des fins récréatives par les Lignes directrices
canadiennes sur la qualité de l'eau.
Ce qui est le plus inquiétant actuellement,
c'est le facteur de dilution des eaux usées dans la rivière
Petitcodiac. La capacité de dissolution de la rivière
Petitcodiac est constamment en baisse en raison des sédiments
qui continuent de s'accumuler sur le lit de la rivière.
Pendant une période où le flux était particulièrement
bas en été 2001 et 2002 (entre 12 et 18 heures
par jour), la quantité d'eaux usées déversée
dans la Petitcodiac a été estimée à
être égale ou supérieure à la quantité
d'eau disponible dans la rivière au lieu de déversement.
Ceci a fait augmenter la concentration d'eaux usées traitées
de façon primaire et a également fait augmenter
les risques de dommages environnementaux sur les espèces
aquatiques durant les périodes de flux réduit.
Le déversement quotidien, directement
dans la rivière Petitcodiac, de 50 à 70 millions
de litres d'eaux usées traitées seulement de façon
primaire, sans plans publiquement envisagés pour améliorer
le traitement de ces eaux usées à un niveau secondaire
ou tertiaire, font que l'usine de traitement des eaux usées
(la Commission des égouts de la région de Moncton)
figure au deuxième rang des pires sources de pollution
de l'écosystème Petitcodiac pour l'année
2002.
Solution connue pour corriger le
problème : préparer des plans détaillés
pour améliorer le système à un traitement
secondaire et tertiaire, et développer différents
scénarios financiers (partenariats fédéral/provincial/municipal,
emprunts à long-terme, etc.) pour atteindre cet objectif.
3. Ancien site
d'enfouissement (Ville de Moncton)
L'ancien site d'enfouissement qui est la
propriété de la Ville de Moncton est situé
sur 35 hectares (87 acres) de terre le long de la rivière
Petitcodiac. Ce site d'enfouissement a été ouvert
peu après la construction du pont-chaussée, en
1968, et on l'a fermé en 1992, après plus de 20
ans de fonctionnement. Des registres confirment notamment l'enfouissement
des substances suivantes à ce site : des déchets
à base de pétrole, des déchets animaux,
de la tuyauterie en asbestos, de l'hydroxide de sodium (produits
de nettoyage), des déchets d'égouts et des déchets
médicaux (rapport GEMTEC, 1995).
Une enquête environnementale menée
par le Environmental Bureau of Investigation (EBI) et
les Sentinelles Petitcodiac en été et à
l'automne 2000 avait révélé qu'entre 100
000 et 300 000 litres de lixyviat s'écoulaient quotidiennement
dans le ruisseau Jonathan à partir de différentes
fuites situées le long de l'ancien site d'enfouissement.
En février 2002, des accusations judiciaires ont été
engagées (le cas est actuellement encore devant les tribunaux)
par Environnement Canada envers la Ville de Moncton et la firme
de consultants relativement à ce cas.
L'écoulement continu de lixyviat
toxique provenant de l'ancien site d'enfouissement dans le ruisseau
Jonathan et dans la rivière Petitcodiac, à un taux
estimé de dizaines de milliers de litres par jour, fait
de l'ancien site d'enfouissement (Ville de Moncton) la troisième
pire source de pollution de l'écosystème Petitcodiac
en 2002.
Solution connue pour corriger le
problème (rapport GEMTEC, 1995) : installer un système
pour recueillir le lixyviat et construire un couvert imperméable
pour le dépotoir
4. Le pont-chaussée
Memramcook (ministère des Transports du Nouveau-Brunswick)
Le pont-chaussée de la rivière
Memramcook, construit en 1973, est la propriété
du ministère des Transports du Nouveau-Brunswick. Il a
complètement transformé le fonctionnement naturel
de l'écosystème sur les 400 km2 du bassin de la
rivière Memramcook. Ce barrage, conçu sans passage
à poissons, bloque entièrement le passage de poissons
sur environ 250 km2 du système hydrographique de la rivière
Memramcook. Le barrage de Memramcook a également éliminé
plus de 10 km d'estuaire, à partir de Calhoun jusqu'à
St-Joseph.
Ce barrage est la cause de l'élimination
de presque toutes les espèces de poissons qui vivaient
traditionnellement dans le système hydrographique de la
rivière Memramcook, tel le saumon de l'Atlantique (une
population autrefois estimée à entre 1 000 et 2
000), l'alose savoureuse ou la gatte, le bar rayé, le
poulamon de l'Atlantique, la truite de mer et autres.
Le barrage est également la cause
continuelle d'accumulation de sédiments en aval de celui-ci.
Cette accumulation de sédiments réduit la largeur
de la rivière en moyenne de 30 à 60 pour cent et
s'étend sur une distance d'environ 15 km jusqu'à
la baie de Shepody.
Ce barrage avait été construit
au début des années 1970 contre le gré des
communautés vivant dans la vallée de la rivière
Memramcook. À l'automne de 1999, le ministère du
Transport du Nouveau-Brunswick a, à la demande de ces
communautés, entrepris les démarches nécessaires
pour restaurer le flux de la rivière. Mais plus de trois
ans après cet engagement, le plan pour opérer les
vannes afin de permettre à l'eau de circuler librement
durant l'ensemble de l'année n'était toujours pas
en marche en 2002.
Les nombreux impacts négatifs sur
l'ensemble de la rivière Memramcook, sur les espèces
qui y vivent et sur la qualité de l'eau fait du pont-chaussée
de Memramcook (ministère des transports du Nouveau-Brunswick)
la 4e pire source de pollution de l'écosystème
Petitcodiac pour l'année 2002.
Solution connue pour corriger le
problème : la mise en application d'un plan d'ouverture
gérant les vannes pour l'ensemble de l'année, dans
un premier temps, et la mise en oeuvre d'un projet pour restaurer
le flux naturel de la rivière Memramcook en remplaçant
le pont-chaussée par un pont partiel (solution permanente).
5. Écoulement
d'eaux usées (divers gouvernements municipaux incluant
la Commission des égouts de la région de Moncton)
Opérés par plusieurs municipalités
du bassin versant y compris la Commission des égouts de
la région de Moncton, les systèmes d'égouts
sont conçus pour conduire les eaux usées des résidences
et des commerces jusqu'aux usines de traitement avant d'être
relâchées dans l'environnement. À cause d'un
mauvais entretien ou d'une mauvaise conception, des eaux usées
non-traitées ont continué à être versées
dans les cours d'eau du bassin de la Petitcodiac en 2002.
Ces déversements qui sont en plus
forte concentration dans la région de Moncton ont de sérieux
impacts sur l'environnement. À cause de la présence
de substances causant des maladies aux humains, comme les coliformes
et l'ecoli, les déversements d'eaux usées dans
les cours d'eau est une sérieuse menace à la santé
publique. Les eaux usées ont également un impact
sur les organismes aquatiques. Elles ont un taux élevé
de nutriments qui cause une prolifération excessive des
plantes aquatiques et des algues. Les microorganismes qui décomposent
les eaux d'égout ont besoin de hauts taux d'oxygène.
Par conséquent, les organismes aquatiques qui ont besoin
de beaucoup d'oxygène pour leur survie, telle que les
salmonidés, vont quitter l'endroit ou mourir d'un manque
d'oxygène.
Dans les endroits où les stocks
d'oxygène sont très bas, les microorganismes anaérobies,
qui n'ont pas besoin d'oxygène pour vivre, prolifèrent
et détériorent la qualité de l'eau en libérant
des substances odorantes. La présence d'hormones et d'autres
substances endocrines disruptives dans les eaux usées
peut également avoir de sérieux impacts négatifs
sur les organismes aquatiques (le déversement dans le
ruisseau Humphrey en juin 2002 en est un bon exemple).
Dans le système hydrographique de
la Petitcodiac, des eaux usées non-traitées se
déversent souvent dans les cours d'eau par les conduits
d'égouts entrecroisés après d'importantes
précipitations. De la pluie abondante fait déborder
le système d'égout dans le système d'égout
pluvial et dans les cours d'eau par l'entrecroisement des deux
systèmes. Par exemple, dans le bassin du ruisseau Halls
qui est en fait un sous-bassin de celui de la Petitcodiac, il
y a plusieurs entrecroisements d'égouts le long des ruisseaux
Rabbit et Humphreys. Des eaux usées peuvent aussi être
versées dans les cours d'eau par des fosses septiques
défectueuses.
Les multiples impacts négatifs causés
au système hydrographique de la Petitcodiac, aux espèces
qui y vivent et à la qualité de l'eau fait des
écoulements d'eaux usées (divers gouvernements
municipaux incluant la Commission des eaux usées du grand
Moncton) la 5e pire source de pollution de l'écosystème
Petitcodiac pour l'année 2002.
Solution connue pour corriger le
problème : entretenir de façon adéquate
l'infrastructure des égouts sanitaires, corriger les défauts
de conduits d'égouts entrecroisés et construire
des systèmes permettant une plus grande capacité
de rétention pour éviter les déversements.
6. Déversements
d'égouts pluviaux (diverses agences gouvernementales municipales
et provinciales)
Les systèmes d'égouts pluviaux
sont opérés par différentes agences des
gouvernements municipaux et provincial. Ils sont conçus
pour diriger l'eau de surface soit vers des bassins de filtrage,
soit vers une usine de traitement ou bien directement dans des
cours d'eau. En raison d'une mauvaise conception ou de mauvaises
politiques d'aménagement, les égouts pluviaux ont
continué de verser une quantité importante de polluants
dans les cours d'eau du bassin de la Petitcodiac en 2002.
L'eau de surface est de l'eau qui n'est
pas absorbée par le sol et qui coule rapidement sur des
surfaces imperméables avant de se verser directement dans
les cours d'eau. En raison de la grande étendu de surfaces
imperméables telles que les routes et les terrains de
stationnement, les villes sont un apport considérable
à la quantité d'eau de surface versée dans
nos cours d'eau locaux. L'augmentation de surfaces imperméables
diminue également l'absorption de l'eau souterraine, ce
qui réduit le niveau d'eau dans les cours d'eau.
L'écoulement de l'eau de surface
peut transformer l'habitat riverain et diminuer la qualité
de l'eau. L'écoulement des eaux de surface peut également
atteindre une très grande vitesse pendant une période
d'abondantes précipitations, ce qui mène à
l'érosion et à l'élargissement des berges
adjacentes. L'eau de surface peut faire augmenter la température
de l'eau durant l'été et ces changements de température
draconiens peuvent être mortels pour une multitude d'organismes
aquatiques. Enfin, le contenu de l'eau de surface peut également
être très nocif à la vie aquatique. Des polluants,
tels les sédiments, le pétrole, les métaux,
les pesticides, les bactéries et les nutriments, accumulés
dans les rues, sur les édifices, sur les pelouses et dans
les terrains de stationnement se déposent directement
dans nos cours d'eau avec l'écoulement de l'eau de surface.
La multitude d'impacts négatifs
sur le système hydrographique de la Petitcodiac, sur les
espèces qui y vivent et sur la qualité de l'eau
font des déversements d'égouts pluviaux (diverses
agences des gouvernements municipaux et provincial) la 6e pire
source de pollution de l'écosystème Petitcodiac
pour l'année 2002.
Solution connue pour corriger le
problème : développer et adopter des politiques,
comme il existe dans plusieurs autres régions de l'Amérique
du Nord, pour mieux gérer les eaux de surface, en aménageant
des systèmes ou des bassins de filtrages.
7. Destruction d'habitat
et altération des cours d'eau (divers promoteurs particuliers)
Des développements insensibles à
l'environnement, menées par divers promoteurs de projets
résidentiels, commerciaux ou industriels avec l'approbation
des Commissions d'aménagement de la région peuvent
avoir plusieurs impacts, sévères et irréversibles,
sur l'écologie du bassin versant. Dans le bassin versant
de la Petitcodiac, la plupart de ces développements insensibles
se font dans le territoire sous la compétence de la Commission
d'aménagement du grand Moncton. Les principaux impacts
sont la destruction de l'habitat et l'altération des cours
d'eau.
Les principaux habitats du bassin versant
sur lesquels dépendent la vie aquatique et la qualité
de l'eau sont les marécages et les zones riveraines. Ces
dernières incluent les cours d'eau, la zone riveraine,
les zones tampons et la forêt environnante.
Ces différentes composantes fonctionnent
ensemble pour assurer l'intégrité environnementale
et le maintien d'habitats adéquats pour les plantes, les
poissons et les autres animaux. Il est important de se rappeler
que l'habitat du poisson est composé de l'eau et du substrat.
Les propriétés physiques du lit d'un ruisseau ou
d'une rivière, également nommé substrat,
va déterminer quel type de plante et d'animaux va y vivre
et y frayer. Les poissons ont besoin de certains types de substrat
pour déposer leurs ufs pendant la saison de pondaison
et également pour s'abriter et se nourrir. La végétation
le long des berges des ruisseaux et des rivières (c.-à.-d.
la zone riveraine) joue également un rôle important
dans la conservation du cours d'eau. Elle filtre l'eau qui ruisselle
sur le bord d'un cours d'eau, elle réduit l'érosion
et elle procure de l'ombre, gardant la température de
l'eau fraîche en été, permettant ainsi au
taux élevé d'oxygène, essentiel aux poissons.
La destruction de l'habitat et des cours
d'eau de la région continue à accélérer
dans le bassin versant de la Petitcodiac en raison de l'empiètement
urbain. Les conséquences socio-économiques et écologiques
de l'altération d'un habitat ne sont pas aussi évidentes
que celles causées par la destruction de marais, mais
peuvent être autant graves. Par exemple, faire passer un
ruisseau dans un tuyau souterrain peut entraver le passage des
poissons et restreindre l'accès des poissons anadromes
à leurs frayères en amont, ce qui pourrait réduire
la population de poissons commerciaux et récréatifs.
Ainsi, les pêcheurs d'estuaire peuvent souffrir d'une diminution
des prises, de difficultés financières ou même
éventuellement de la perte de leur gagne-pain. Cet exemple
démontre l'étroite relation entre les écosystèmes
côtiers et ceux des bassins versants et comment la prospérité
des communautés dépendent de la santé de
l'environnement local.
Les impacts négatifs sur le système
hydrographique de la Petitcodiac, sur les espèces qui
y vivent et sur la qualité de l'eau font de la destruction
d'habitat et l'altération des cours d'eau (divers promoteurs
particuliers) la 7e pire source de pollution de l'écosystème
Petitcodiac pour l'année 2002.
Solution connue pour corriger le
problème : Adopter des politiques de planification urbaine
pour protéger les cours d'eau et leurs zones riveraines,
ainsi que mettre en application les lois environnementales de
façon plus efficace.
8.
Pollution sédimentaire (Divers promoteurs particuliers)
La pollution sédimentaire associée
aux développements résidentiels, commerciaux et
industriels peut avoir un important impact sur l'environnement
aquatique. Des pratiques de constructions insoucieuses de l'environnement
adoptées par plusieurs promoteurs particuliers du bassin
versant de la rivière Petitcodiac continuent à
avoir des impacts négatifs sur les cours d'eau et leurs
habitats en 2002.
Les sédiments sont des particules
en suspension dans un cours d'eau qui tombent et s'accumulent
au fond. Les sources de sédimentation sont l'érosion
des sols forestiers exposés par la coupe, des sols agricoles
et des monts surpâturés. La pollution sédimentaire
cause des problèmes en couvrant les organismes aquatiques,
en réduisant la pénétration de la lumière,
en remplissant des cours d'eau et en amenant de la pollution
toxique insoluble dans les corps aquatiques. La pollution sédimentaire
augmente la turbidité de l'eau. Par conséquent,
la pénétration de la lumière est réduite
et les algues photosynthétiques à la base de la
chaîne alimentaire n'ont pas assez de lumière pour
survivre. En résultat, il y aura une diminution d'organismes
qui se nourrissent de ces éléments primaires et
ainsi de ceux qui sont situés plus haut dans la chaîne
alimentaire.
Une grande turbidité va également
réduire l'habilité pour un poisson de se trouver
de la nourriture. De plus, les sources de nourriture telles que
les insectes et les plantes aquatiques peuvent être couvertes
ou déplacées de leur habitat d'origine. Des taux
élevés de sédimentation peuvent également
boucher les branchies et les mécanismes d'alimentation
des poissons, couvrir les ufs et boucher les lits de pondaison.
Par ailleurs, la pollution de sédiments peut apporter
des polluants toxiques organiques et inorganiques. De surcroît,
la pollution sédimentaire procure des surfaces auxquelles
peuvent se coller les composés toxiques, incluant des
substances qui causent des maladies.
Les impacts négatifs sur le système
hydrographique de la Petitcodiac, sur les espèces qui
y vivent et sur la qualité de l'eau font de la pollution
sédimentaire (divers promoteurs particuliers) la 8e pire
source de pollution de l'écosystème Petitcodiac
pour l'année 2002.
Solution connue pour corriger le
problème : Faire appliquer le règlement obligeant
l'aménagement d'une zone tampon près des cours
d'eau, limiter toutes activités de développement
à l'extérieur de la zone de protection de 30 mètres
prévue dans la Loi sur l'assainissement des eaux du Nouveau-Brunswick,
s'assurer que les promoteurs particuliers utilisent un système
de rétention des sédiments adéquats (bassins
et clôture à limon) et mettre en application les
lois environnementales de façon plus efficace.
9. Destruction de marais
(divers promoteurs particuliers)
Un principal exemple de la perte d'habitat
dans l'écosystème de la rivière Petitcodiac
est la destruction de marais causée par l'empiètement
urbain, la pollution et le drainage. L'augmentation de la perte
de terres humides ne se limite pas au Canada Atlantique. En fait,
les terres humides sont parmi les habitats les plus menacés
au monde. Puisqu'elles n'ont pas d'utilité de consommation
apparente pour les humains, les terres humides ont traditionnellement
été perçues comme un gaspillage de terrain.
Ainsi, elles ont été remplies pour permettre le
développement, transformées en dépotoirs
ou endiguées pour l'agriculture.
Seul dans le bassin du ruisseau Halls à
Moncton, plus de 70 % des terres humides ont été
perdues entre 1953 et 1996 (Levesque et al., document non-publié).
Bien que l'importance des terres humides ait été
officiellement reconnue par les gouvernements provincial et fédéral,
on continue à les détruire à des endroits
de l'écosystème Petitcodiac. Des activités
de destruction de marais ont pris place dans le sous-bassin du
ruisseau Halls en 2002, tandis que des plans pour ensevelir une
partie d'un marais situé le long du ruisseau Jonathan
ont été finalisés pour rendre possible la
construction du nouveau pont Gunningsville.
L'importance des terres humides repose
sur différentes fonctions écologiques. La première
de ces fonctions est de purifier et de filtrer les contaminants
destinés aux lacs, rivières, ruisseau, côtes
et réserves d'eau potable. En deuxième lieu, elles
entreposent de l'eau qui peut être relâchée
pendant des sécheresses, absorber l'eau pendant des inondations
et servir de tampons contre des montées puissantes de
tempêtes. De plus, une variété d'animaux
comme des oiseaux chanteurs, des poissons, des oiseaux d'eau
et des plantes dépendent des terres humides pour leur
survie. Non seulement les terres humides sont-elles les écosystèmes
les plus productifs du Canada, mais elles sont considérées
parmi les plus productives du monde.
La construction continue d'un marécage
artificiel au Parc du centenaire de Moncton, par exemple, démontre
la valeur de ces services. En fait, le coût de ce projet
donne une valeur approximative au marécage de 100 000
$ par hectare.
Les impacts négatifs sur le système
hydrographique de la Petitcodiac, sur les espèces qui
y vivent et sur la qualité de l'eau font de la destruction
de marais (divers promoteurs particuliers) la 9e pire source
de pollution de l'écosystème Petitcodiac pour
l'année 2002.
Solution connue pour corriger le
problème : Adopter des politiques de planification urbaine
pour protéger les terres humides et mettre en application
les lois environnementales de façon plus efficace.
10. Épandage de pesticides
cosmétiques (utilisateurs de pesticides cosmétiques)
L'usage cosmétique de
pesticides (et d'herbicides) sur des terrains privés, commerciaux
et gouvernementaux est pratique courante dans le système
hydrographique de la Petitcodiac. Les composés organiques
synthétiques des pesticides se retrouvent facilement dans
l'eau souterraine en s'infiltrant dans le sol et dans l'eau de
surface ou en s'écoulant avec celle-ci. Seulement un petit
pourcentage des 7 000 produits pesticides présents dans
le marché canadien a été testé pour
savoir s'ils avaient des propriétés cancérigènes
ou mutagènes. Les pesticides ont été associés
au développement du cancer, la maladie de Parkinson et
de malformation à la naissance. Toutefois, à cause
d'une multitude d'autres facteurs, comme l'hérédité
et bien d'autres, il est très difficile de faire le lien
entre l'usage des pesticides et la santé des humains.
Les effets indirects ou non-mortels
d'une exposition aux pesticides peuvent être autant dévastateurs
que ceux qui sont immédiatement mortels. Ces effets indirects
comprennent la détérioration du système reproductif,
des changements de comportement, la perte de poids et la perte
d'habitat. Par exemple, une espèce de poisson peut perdre
une source vitale de nourriture si une espèce d'insecte
particulière est éliminée de la chaîne
alimentaire locale. Dans la même optique, cette même
espèce de poisson pourrait connaître un déclin
si elle perdait son habitat en raison de la perte de végétation
causée par l'usage de pesticides ou une régression
de la qualité de l'eau.
La concentration des pesticides
augmente dans les organismes plus l'on grimpe la chaîne
alimentaire par un processus appelé la bioaccumulation.
Leur impact sur les plantes et les animaux augmente avec le temps
en s'accumulant dans leurs tissus. Le problème est d'autant
plus inquiétant lorsque l'on considère l'épandage
accru de pesticides dans notre environnement. Selon une étude
de pointe menée par une firme américaine, 96 % des
poissons, 100 % de l'eau de surface et 33 % des organismes aquatiques
testés contenaient des traces d'au moins un pesticide,
sinon plus. L'étendue de la dispersion des pesticides n'est
pas seulement reliée à leur usage cosmétique.
Mais les gens devraient tout de même considérer utiliser
d'autres moyens que des pesticides pour se débarrasser
des « pestes » domestiques.
Les effets dévastateurs
identifiés et potentiels de l'usage cosmétique des
pesticides sur la santé des humains et des autres espèces
vivantes du bassin de la Petitcodiac font des pesticides cosmétiques
(les utilisateurs de pesticides à des fins cosmétiques)
la 10e pire source de pollution de l'écosystème
Petitcodiac pour l'année 2002.
Solution connue
pour corriger le problème : promulguer des règlements
ou des lois municipales, provinciales et/ou fédérales,
et promouvoir les méthodes d'entretien de la pelouse sans
pesticides afin d'éliminer l'utilisation de pesticides
cosmétiques dans le basin versant.
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