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Le 16 janvier, 2003

La première liste annuelle des Sentinelles présentant les :

10 pires sources de pollution
de l'écosystème Petitcodiac* en 2002

*L'écosystème Petitcodiac et ses 3 000 km2 que comprennent la rivière Petitcodiac, la rivière Memramcook et la baie de Shepody.

Méthodologie

Dans ce document, le terme « source de pollution » fait référence à une activité ayant causé ou continuant de causer un ou de multiples impacts négatifs sur la qualité de l'eau, sur l'habitat et sur l'intégrité écologique du système hydrographique de la Petitcodiac.

En faisant la sélection des « 10 pires sources de pollution » touchant l'écosystème Petitcodiac en 2002, les critères suivants furent appliqués :

1. Des activités ayant eu des impacts négatifs multiples sur la qualité de l'eau, de l'habitat et de la vie même de l'écosystème Petitcodiac
2. Des activités ayant des impacts négatifs continus sur l'écosystème
3. Des activités ayant des impacts négatifs à court et à long terme sur l'écosystème
4. Des activités ayant des responsables clairement identifiables pour ces impacts négatifs touchant l'écosystème Petitcodiac

1. Le pont-chaussée de la rivière Petitcodiac (Ministère des Transports du Nouveau-Brunswick)

Le pont-chaussée de la rivière Petitcodiac est la propriété au ministère des Transports du Nouveau-Brunswick et il est opéré par ce dernier. Construit en 1968, le pont-chaussée est responsable d'une détérioration écologique à grande échelle dans l'ensemble des 3 000 km2 de son écosystème. Cette structure continue à obstruer le passage du poisson dans au moins la moitié du réseau des cours d'eau de la Petitcodiac, affectant une superficie d'environ 1 350 km2 située en amont du pont-chaussée, et a causé l'élimination d'une section de 21 km de l'estuaire de la Petitcodiac qui s'étendait autrefois jusqu'au Village de Salisbury.

Le pont-chaussée est responsable de l'élimination d'au moins cinq espèces aquatiques de la rivière : l'alasmidonte naine (la première espèce de moule connue comme ayant été extirpée au Canada - la rivière Petitcodiac étant connue comme le seul habitat canadien de cette moule), le saumon de l'Atlantique (éliminé de la rivière Petitcodiac au milieu des années 1990 et maintenant une espèce en voie de disparition au Canada), l'alose savoureuse ou la gatte (on en a déjà compté plus de 75 000 dans la rivière Petitcodiac et il est éliminé depuis la fin des années 1990), le bar rayé et le poulamon de l'Atlantique (Aubé, Hanson, Klassen, Locke, Richardson, 2000).

De plus, le pont-chaussée de la rivière Petitcodiac est responsable de l'accumulation massive de sédiments, ce qui a eu pour effet de réduire de façon draconienne la largeur de la Petitcodiac. En effet, la rivière qui était d'une largeur moyenne d'un kilomètre en 1968 est maintenant large d'à peine 100 mètres à la hauteur de Moncton. Le pont-chaussée est toujours responsable de l'accumulation continue de sédiments en aval du barrage-chaussée sur une distance de 35 kilomètres allant jusqu'à la baie de Shepody. La rivière se distingue malheureusement comme étant l'une des seules rivières en Amérique du Nord où il est possible de voir l'impact destructif des humains à partir de l'espace.

Le pont-chaussée est aussi responsable de la quasi élimination du mascaret, autre fois renommé de par le monde comme étant l'une des principales attractions touristiques des provinces atlantiques et le mascaret le plus spectaculaire du Canada. Autrefois la fierté de l'industrie touristique de Moncton, le mascaret de la Petitcodiac est devenu une honte pour les agents de tourisme de la région, en plus d'être la risée des visiteurs et des résidents.

Moncton était autrefois un important lieu de construction naval, mais les conditions de navigation pour les bateaux commerciaux et les bateaux de plaisance ont été éliminées à cause de l'accumulation de sédiments. À cause du pont-chaussée, Moncton est maintenant l'une des seules régions en Amérique du Nord à avoir perdu son privilège de posséder une rivière navigable.

Maintenant que les élèves de la région ont commencé à s'impliquer afin de sauver leur rivière, on peut dire qu'il y a désormais quatre générations de citoyens qui ont mené des efforts pour restaurer la rivière, ce qui en fait l'une des plus longues luttes environnementales dans l'histoire du Canada. Depuis 40 ans, 132 rapports ou études portant sur la rivière Petitcodiac et son pont-chaussée ont été publiés. Tous ces rapports font en sorte que la rivière Petitcodiac constitue le dossier environnemental portant sur la mort d'un écosystème le plus étoffé au pays. En juin 2002, l'organisation Earthwild International désignait la rivière Petitcodiac comme étant la 2e rivière la plus menacée au Canada, en raison des importants dommages qu'avait causé le pont-chaussée.

Toutes les preuves démontrant les nombreux impacts négatifs sur l'écosystème dans son entier, sur l'habitat, sur la qualité de l'eau et sur la survie de toutes les espèces y résidant font en sorte que le pont-chaussée de la rivière Petitcodiac (ministère des Transports du Nouveau-Brunswick) obtient le titre de la pire source de pollution de l'écosystème Petitcodiac pour l'année 2002.

Solution connue pour corriger le problème : la restauration de l'écoulement naturel de la rivière par l'ouverture des vannes dans un premier temps (tel que recommandé par le ministère des Pêches et Océans depuis 1979) et la mise en oeuvre d'un projet pour remplacer le pont-chaussée par un pont partiel (solution permanente).

2. Usine de traitement primaire des eaux usées (Commission des eaux usées du grand Moncton)

L'usine de traitements primaire des eaux usées est opérée et est la propriété de la Commission des égouts de la région de Moncton. Cette usine est responsable du traitement des eaux usées de la région de Moncton. La Commission des égouts, pour sa part, est une propriété publique des municipalités de Dieppe, Moncton et Riverview. L'usine en question a été présentée dans les années 1990 comme une usine à la fine pointe de la technologie qui allait éventuellement offrir un traitement complet des eaux usées, mais ces eaux continuent de ne recevoir qu'un traitement primaire avancé (c.-à-d. l'enlèvement des solides) avant d'être directement versées dans la rivière Petitcodiac. Vingt ans après que le projet ait été initié et 9 ans après que l'usine ait été mise en marche, la Commission des égouts de la région de Moncton n'a toujours pas de plans en vue pour améliorer l'usine pour qu'elle puisse offrir un traitement secondaire ou tertiaire.

En moyenne, l'usine déverse quotidiennement dans la rivière Petitcodiac entre 50 et 70 millions de litres d'eau usée traitées seulement de façon primaire. Non seulement y a-t-il fort probablement des substances toxiques et hormonales qui se jettent dans la rivière, mais ces déversements causent un excès de nutriments. Ceci peut causer un excès d'activités microbiologiques et un manque d'oxygène. Pour un poisson, il est très dangereux d'essayer de nager dans une section de rivière qui manque d'oxygène. Le taux de coliformes est également plus élevé que ce qui est recommandé pour des fins récréatives par les Lignes directrices canadiennes sur la qualité de l'eau.

Ce qui est le plus inquiétant actuellement, c'est le facteur de dilution des eaux usées dans la rivière Petitcodiac. La capacité de dissolution de la rivière Petitcodiac est constamment en baisse en raison des sédiments qui continuent de s'accumuler sur le lit de la rivière. Pendant une période où le flux était particulièrement bas en été 2001 et 2002 (entre 12 et 18 heures par jour), la quantité d'eaux usées déversée dans la Petitcodiac a été estimée à être égale ou supérieure à la quantité d'eau disponible dans la rivière au lieu de déversement. Ceci a fait augmenter la concentration d'eaux usées traitées de façon primaire et a également fait augmenter les risques de dommages environnementaux sur les espèces aquatiques durant les périodes de flux réduit.

Le déversement quotidien, directement dans la rivière Petitcodiac, de 50 à 70 millions de litres d'eaux usées traitées seulement de façon primaire, sans plans publiquement envisagés pour améliorer le traitement de ces eaux usées à un niveau secondaire ou tertiaire, font que l'usine de traitement des eaux usées (la Commission des égouts de la région de Moncton) figure au deuxième rang des pires sources de pollution de l'écosystème Petitcodiac pour l'année 2002.

Solution connue pour corriger le problème : préparer des plans détaillés pour améliorer le système à un traitement secondaire et tertiaire, et développer différents scénarios financiers (partenariats fédéral/provincial/municipal, emprunts à long-terme, etc.) pour atteindre cet objectif.

3. Ancien site d'enfouissement (Ville de Moncton)

L'ancien site d'enfouissement qui est la propriété de la Ville de Moncton est situé sur 35 hectares (87 acres) de terre le long de la rivière Petitcodiac. Ce site d'enfouissement a été ouvert peu après la construction du pont-chaussée, en 1968, et on l'a fermé en 1992, après plus de 20 ans de fonctionnement. Des registres confirment notamment l'enfouissement des substances suivantes à ce site : des déchets à base de pétrole, des déchets animaux, de la tuyauterie en asbestos, de l'hydroxide de sodium (produits de nettoyage), des déchets d'égouts et des déchets médicaux (rapport GEMTEC, 1995).

Une enquête environnementale menée par le Environmental Bureau of Investigation (EBI) et les Sentinelles Petitcodiac en été et à l'automne 2000 avait révélé qu'entre 100 000 et 300 000 litres de lixyviat s'écoulaient quotidiennement dans le ruisseau Jonathan à partir de différentes fuites situées le long de l'ancien site d'enfouissement. En février 2002, des accusations judiciaires ont été engagées (le cas est actuellement encore devant les tribunaux) par Environnement Canada envers la Ville de Moncton et la firme de consultants relativement à ce cas.

L'écoulement continu de lixyviat toxique provenant de l'ancien site d'enfouissement dans le ruisseau Jonathan et dans la rivière Petitcodiac, à un taux estimé de dizaines de milliers de litres par jour, fait de l'ancien site d'enfouissement (Ville de Moncton) la troisième pire source de pollution de l'écosystème Petitcodiac en 2002.

Solution connue pour corriger le problème (rapport GEMTEC, 1995) : installer un système pour recueillir le lixyviat et construire un couvert imperméable pour le dépotoir

4. Le pont-chaussée Memramcook (ministère des Transports du Nouveau-Brunswick)

Le pont-chaussée de la rivière Memramcook, construit en 1973, est la propriété du ministère des Transports du Nouveau-Brunswick. Il a complètement transformé le fonctionnement naturel de l'écosystème sur les 400 km2 du bassin de la rivière Memramcook. Ce barrage, conçu sans passage à poissons, bloque entièrement le passage de poissons sur environ 250 km2 du système hydrographique de la rivière Memramcook. Le barrage de Memramcook a également éliminé plus de 10 km d'estuaire, à partir de Calhoun jusqu'à St-Joseph.

Ce barrage est la cause de l'élimination de presque toutes les espèces de poissons qui vivaient traditionnellement dans le système hydrographique de la rivière Memramcook, tel le saumon de l'Atlantique (une population autrefois estimée à entre 1 000 et 2 000), l'alose savoureuse ou la gatte, le bar rayé, le poulamon de l'Atlantique, la truite de mer et autres.

Le barrage est également la cause continuelle d'accumulation de sédiments en aval de celui-ci. Cette accumulation de sédiments réduit la largeur de la rivière en moyenne de 30 à 60 pour cent et s'étend sur une distance d'environ 15 km jusqu'à la baie de Shepody.

Ce barrage avait été construit au début des années 1970 contre le gré des communautés vivant dans la vallée de la rivière Memramcook. À l'automne de 1999, le ministère du Transport du Nouveau-Brunswick a, à la demande de ces communautés, entrepris les démarches nécessaires pour restaurer le flux de la rivière. Mais plus de trois ans après cet engagement, le plan pour opérer les vannes afin de permettre à l'eau de circuler librement durant l'ensemble de l'année n'était toujours pas en marche en 2002.

Les nombreux impacts négatifs sur l'ensemble de la rivière Memramcook, sur les espèces qui y vivent et sur la qualité de l'eau fait du pont-chaussée de Memramcook (ministère des transports du Nouveau-Brunswick) la 4e pire source de pollution de l'écosystème Petitcodiac pour l'année 2002.

Solution connue pour corriger le problème : la mise en application d'un plan d'ouverture gérant les vannes pour l'ensemble de l'année, dans un premier temps, et la mise en oeuvre d'un projet pour restaurer le flux naturel de la rivière Memramcook en remplaçant le pont-chaussée par un pont partiel (solution permanente).

5. Écoulement d'eaux usées (divers gouvernements municipaux incluant la Commission des égouts de la région de Moncton)

Opérés par plusieurs municipalités du bassin versant y compris la Commission des égouts de la région de Moncton, les systèmes d'égouts sont conçus pour conduire les eaux usées des résidences et des commerces jusqu'aux usines de traitement avant d'être relâchées dans l'environnement. À cause d'un mauvais entretien ou d'une mauvaise conception, des eaux usées non-traitées ont continué à être versées dans les cours d'eau du bassin de la Petitcodiac en 2002.

Ces déversements qui sont en plus forte concentration dans la région de Moncton ont de sérieux impacts sur l'environnement. À cause de la présence de substances causant des maladies aux humains, comme les coliformes et l'ecoli, les déversements d'eaux usées dans les cours d'eau est une sérieuse menace à la santé publique. Les eaux usées ont également un impact sur les organismes aquatiques. Elles ont un taux élevé de nutriments qui cause une prolifération excessive des plantes aquatiques et des algues. Les microorganismes qui décomposent les eaux d'égout ont besoin de hauts taux d'oxygène. Par conséquent, les organismes aquatiques qui ont besoin de beaucoup d'oxygène pour leur survie, telle que les salmonidés, vont quitter l'endroit ou mourir d'un manque d'oxygène.

Dans les endroits où les stocks d'oxygène sont très bas, les microorganismes anaérobies, qui n'ont pas besoin d'oxygène pour vivre, prolifèrent et détériorent la qualité de l'eau en libérant des substances odorantes. La présence d'hormones et d'autres substances endocrines disruptives dans les eaux usées peut également avoir de sérieux impacts négatifs sur les organismes aquatiques (le déversement dans le ruisseau Humphrey en juin 2002 en est un bon exemple).

Dans le système hydrographique de la Petitcodiac, des eaux usées non-traitées se déversent souvent dans les cours d'eau par les conduits d'égouts entrecroisés après d'importantes précipitations. De la pluie abondante fait déborder le système d'égout dans le système d'égout pluvial et dans les cours d'eau par l'entrecroisement des deux systèmes. Par exemple, dans le bassin du ruisseau Halls qui est en fait un sous-bassin de celui de la Petitcodiac, il y a plusieurs entrecroisements d'égouts le long des ruisseaux Rabbit et Humphreys. Des eaux usées peuvent aussi être versées dans les cours d'eau par des fosses septiques défectueuses.

Les multiples impacts négatifs causés au système hydrographique de la Petitcodiac, aux espèces qui y vivent et à la qualité de l'eau fait des écoulements d'eaux usées (divers gouvernements municipaux incluant la Commission des eaux usées du grand Moncton) la 5e pire source de pollution de l'écosystème Petitcodiac pour l'année 2002.

Solution connue pour corriger le problème : entretenir de façon adéquate l'infrastructure des égouts sanitaires, corriger les défauts de conduits d'égouts entrecroisés et construire des systèmes permettant une plus grande capacité de rétention pour éviter les déversements.

6. Déversements d'égouts pluviaux (diverses agences gouvernementales municipales et provinciales)

Les systèmes d'égouts pluviaux sont opérés par différentes agences des gouvernements municipaux et provincial. Ils sont conçus pour diriger l'eau de surface soit vers des bassins de filtrage, soit vers une usine de traitement ou bien directement dans des cours d'eau. En raison d'une mauvaise conception ou de mauvaises politiques d'aménagement, les égouts pluviaux ont continué de verser une quantité importante de polluants dans les cours d'eau du bassin de la Petitcodiac en 2002.

L'eau de surface est de l'eau qui n'est pas absorbée par le sol et qui coule rapidement sur des surfaces imperméables avant de se verser directement dans les cours d'eau. En raison de la grande étendu de surfaces imperméables telles que les routes et les terrains de stationnement, les villes sont un apport considérable à la quantité d'eau de surface versée dans nos cours d'eau locaux. L'augmentation de surfaces imperméables diminue également l'absorption de l'eau souterraine, ce qui réduit le niveau d'eau dans les cours d'eau.

L'écoulement de l'eau de surface peut transformer l'habitat riverain et diminuer la qualité de l'eau. L'écoulement des eaux de surface peut également atteindre une très grande vitesse pendant une période d'abondantes précipitations, ce qui mène à l'érosion et à l'élargissement des berges adjacentes. L'eau de surface peut faire augmenter la température de l'eau durant l'été et ces changements de température draconiens peuvent être mortels pour une multitude d'organismes aquatiques. Enfin, le contenu de l'eau de surface peut également être très nocif à la vie aquatique. Des polluants, tels les sédiments, le pétrole, les métaux, les pesticides, les bactéries et les nutriments, accumulés dans les rues, sur les édifices, sur les pelouses et dans les terrains de stationnement se déposent directement dans nos cours d'eau avec l'écoulement de l'eau de surface.

La multitude d'impacts négatifs sur le système hydrographique de la Petitcodiac, sur les espèces qui y vivent et sur la qualité de l'eau font des déversements d'égouts pluviaux (diverses agences des gouvernements municipaux et provincial) la 6e pire source de pollution de l'écosystème Petitcodiac pour l'année 2002.

Solution connue pour corriger le problème : développer et adopter des politiques, comme il existe dans plusieurs autres régions de l'Amérique du Nord, pour mieux gérer les eaux de surface, en aménageant des systèmes ou des bassins de filtrages.

7. Destruction d'habitat et altération des cours d'eau (divers promoteurs particuliers)

Des développements insensibles à l'environnement, menées par divers promoteurs de projets résidentiels, commerciaux ou industriels avec l'approbation des Commissions d'aménagement de la région peuvent avoir plusieurs impacts, sévères et irréversibles, sur l'écologie du bassin versant. Dans le bassin versant de la Petitcodiac, la plupart de ces développements insensibles se font dans le territoire sous la compétence de la Commission d'aménagement du grand Moncton. Les principaux impacts sont la destruction de l'habitat et l'altération des cours d'eau.

Les principaux habitats du bassin versant sur lesquels dépendent la vie aquatique et la qualité de l'eau sont les marécages et les zones riveraines. Ces dernières incluent les cours d'eau, la zone riveraine, les zones tampons et la forêt environnante.

Ces différentes composantes fonctionnent ensemble pour assurer l'intégrité environnementale et le maintien d'habitats adéquats pour les plantes, les poissons et les autres animaux. Il est important de se rappeler que l'habitat du poisson est composé de l'eau et du substrat. Les propriétés physiques du lit d'un ruisseau ou d'une rivière, également nommé substrat, va déterminer quel type de plante et d'animaux va y vivre et y frayer. Les poissons ont besoin de certains types de substrat pour déposer leurs ufs pendant la saison de pondaison et également pour s'abriter et se nourrir. La végétation le long des berges des ruisseaux et des rivières (c.-à.-d. la zone riveraine) joue également un rôle important dans la conservation du cours d'eau. Elle filtre l'eau qui ruisselle sur le bord d'un cours d'eau, elle réduit l'érosion et elle procure de l'ombre, gardant la température de l'eau fraîche en été, permettant ainsi au taux élevé d'oxygène, essentiel aux poissons.

La destruction de l'habitat et des cours d'eau de la région continue à accélérer dans le bassin versant de la Petitcodiac en raison de l'empiètement urbain. Les conséquences socio-économiques et écologiques de l'altération d'un habitat ne sont pas aussi évidentes que celles causées par la destruction de marais, mais peuvent être autant graves. Par exemple, faire passer un ruisseau dans un tuyau souterrain peut entraver le passage des poissons et restreindre l'accès des poissons anadromes à leurs frayères en amont, ce qui pourrait réduire la population de poissons commerciaux et récréatifs. Ainsi, les pêcheurs d'estuaire peuvent souffrir d'une diminution des prises, de difficultés financières ou même éventuellement de la perte de leur gagne-pain. Cet exemple démontre l'étroite relation entre les écosystèmes côtiers et ceux des bassins versants et comment la prospérité des communautés dépendent de la santé de l'environnement local.

Les impacts négatifs sur le système hydrographique de la Petitcodiac, sur les espèces qui y vivent et sur la qualité de l'eau font de la destruction d'habitat et l'altération des cours d'eau (divers promoteurs particuliers) la 7e pire source de pollution de l'écosystème Petitcodiac pour l'année 2002.

Solution connue pour corriger le problème : Adopter des politiques de planification urbaine pour protéger les cours d'eau et leurs zones riveraines, ainsi que mettre en application les lois environnementales de façon plus efficace.

8. Pollution sédimentaire (Divers promoteurs particuliers)

La pollution sédimentaire associée aux développements résidentiels, commerciaux et industriels peut avoir un important impact sur l'environnement aquatique. Des pratiques de constructions insoucieuses de l'environnement adoptées par plusieurs promoteurs particuliers du bassin versant de la rivière Petitcodiac continuent à avoir des impacts négatifs sur les cours d'eau et leurs habitats en 2002.

Les sédiments sont des particules en suspension dans un cours d'eau qui tombent et s'accumulent au fond. Les sources de sédimentation sont l'érosion des sols forestiers exposés par la coupe, des sols agricoles et des monts surpâturés. La pollution sédimentaire cause des problèmes en couvrant les organismes aquatiques, en réduisant la pénétration de la lumière, en remplissant des cours d'eau et en amenant de la pollution toxique insoluble dans les corps aquatiques. La pollution sédimentaire augmente la turbidité de l'eau. Par conséquent, la pénétration de la lumière est réduite et les algues photosynthétiques à la base de la chaîne alimentaire n'ont pas assez de lumière pour survivre. En résultat, il y aura une diminution d'organismes qui se nourrissent de ces éléments primaires et ainsi de ceux qui sont situés plus haut dans la chaîne alimentaire.

Une grande turbidité va également réduire l'habilité pour un poisson de se trouver de la nourriture. De plus, les sources de nourriture telles que les insectes et les plantes aquatiques peuvent être couvertes ou déplacées de leur habitat d'origine. Des taux élevés de sédimentation peuvent également boucher les branchies et les mécanismes d'alimentation des poissons, couvrir les ufs et boucher les lits de pondaison. Par ailleurs, la pollution de sédiments peut apporter des polluants toxiques organiques et inorganiques. De surcroît, la pollution sédimentaire procure des surfaces auxquelles peuvent se coller les composés toxiques, incluant des substances qui causent des maladies.

Les impacts négatifs sur le système hydrographique de la Petitcodiac, sur les espèces qui y vivent et sur la qualité de l'eau font de la pollution sédimentaire (divers promoteurs particuliers) la 8e pire source de pollution de l'écosystème Petitcodiac pour l'année 2002.

Solution connue pour corriger le problème : Faire appliquer le règlement obligeant l'aménagement d'une zone tampon près des cours d'eau, limiter toutes activités de développement à l'extérieur de la zone de protection de 30 mètres prévue dans la Loi sur l'assainissement des eaux du Nouveau-Brunswick, s'assurer que les promoteurs particuliers utilisent un système de rétention des sédiments adéquats (bassins et clôture à limon) et mettre en application les lois environnementales de façon plus efficace.

9. Destruction de marais (divers promoteurs particuliers)

Un principal exemple de la perte d'habitat dans l'écosystème de la rivière Petitcodiac est la destruction de marais causée par l'empiètement urbain, la pollution et le drainage. L'augmentation de la perte de terres humides ne se limite pas au Canada Atlantique. En fait, les terres humides sont parmi les habitats les plus menacés au monde. Puisqu'elles n'ont pas d'utilité de consommation apparente pour les humains, les terres humides ont traditionnellement été perçues comme un gaspillage de terrain. Ainsi, elles ont été remplies pour permettre le développement, transformées en dépotoirs ou endiguées pour l'agriculture.

Seul dans le bassin du ruisseau Halls à Moncton, plus de 70 % des terres humides ont été perdues entre 1953 et 1996 (Levesque et al., document non-publié). Bien que l'importance des terres humides ait été officiellement reconnue par les gouvernements provincial et fédéral, on continue à les détruire à des endroits de l'écosystème Petitcodiac. Des activités de destruction de marais ont pris place dans le sous-bassin du ruisseau Halls en 2002, tandis que des plans pour ensevelir une partie d'un marais situé le long du ruisseau Jonathan ont été finalisés pour rendre possible la construction du nouveau pont Gunningsville.

L'importance des terres humides repose sur différentes fonctions écologiques. La première de ces fonctions est de purifier et de filtrer les contaminants destinés aux lacs, rivières, ruisseau, côtes et réserves d'eau potable. En deuxième lieu, elles entreposent de l'eau qui peut être relâchée pendant des sécheresses, absorber l'eau pendant des inondations et servir de tampons contre des montées puissantes de tempêtes. De plus, une variété d'animaux comme des oiseaux chanteurs, des poissons, des oiseaux d'eau et des plantes dépendent des terres humides pour leur survie. Non seulement les terres humides sont-elles les écosystèmes les plus productifs du Canada, mais elles sont considérées parmi les plus productives du monde.

La construction continue d'un marécage artificiel au Parc du centenaire de Moncton, par exemple, démontre la valeur de ces services. En fait, le coût de ce projet donne une valeur approximative au marécage de 100 000 $ par hectare.

Les impacts négatifs sur le système hydrographique de la Petitcodiac, sur les espèces qui y vivent et sur la qualité de l'eau font de la destruction de marais (divers promoteurs particuliers) la 9e pire source de pollution de l'écosystème Petitcodiac pour l'année 2002.

Solution connue pour corriger le problème : Adopter des politiques de planification urbaine pour protéger les terres humides et mettre en application les lois environnementales de façon plus efficace.

10. Épandage de pesticides cosmétiques (utilisateurs de pesticides cosmétiques)

L'usage cosmétique de pesticides (et d'herbicides) sur des terrains privés, commerciaux et gouvernementaux est pratique courante dans le système hydrographique de la Petitcodiac. Les composés organiques synthétiques des pesticides se retrouvent facilement dans l'eau souterraine en s'infiltrant dans le sol et dans l'eau de surface ou en s'écoulant avec celle-ci. Seulement un petit pourcentage des 7 000 produits pesticides présents dans le marché canadien a été testé pour savoir s'ils avaient des propriétés cancérigènes ou mutagènes. Les pesticides ont été associés au développement du cancer, la maladie de Parkinson et de malformation à la naissance. Toutefois, à cause d'une multitude d'autres facteurs, comme l'hérédité et bien d'autres, il est très difficile de faire le lien entre l'usage des pesticides et la santé des humains.

Les effets indirects ou non-mortels d'une exposition aux pesticides peuvent être autant dévastateurs que ceux qui sont immédiatement mortels. Ces effets indirects comprennent la détérioration du système reproductif, des changements de comportement, la perte de poids et la perte d'habitat. Par exemple, une espèce de poisson peut perdre une source vitale de nourriture si une espèce d'insecte particulière est éliminée de la chaîne alimentaire locale. Dans la même optique, cette même espèce de poisson pourrait connaître un déclin si elle perdait son habitat en raison de la perte de végétation causée par l'usage de pesticides ou une régression de la qualité de l'eau.

La concentration des pesticides augmente dans les organismes plus l'on grimpe la chaîne alimentaire par un processus appelé la bioaccumulation. Leur impact sur les plantes et les animaux augmente avec le temps en s'accumulant dans leurs tissus. Le problème est d'autant plus inquiétant lorsque l'on considère l'épandage accru de pesticides dans notre environnement. Selon une étude de pointe menée par une firme américaine, 96 % des poissons, 100 % de l'eau de surface et 33 % des organismes aquatiques testés contenaient des traces d'au moins un pesticide, sinon plus. L'étendue de la dispersion des pesticides n'est pas seulement reliée à leur usage cosmétique. Mais les gens devraient tout de même considérer utiliser d'autres moyens que des pesticides pour se débarrasser des « pestes » domestiques.

Les effets dévastateurs identifiés et potentiels de l'usage cosmétique des pesticides sur la santé des humains et des autres espèces vivantes du bassin de la Petitcodiac font des pesticides cosmétiques (les utilisateurs de pesticides à des fins cosmétiques) la 10e pire source de pollution de l'écosystème Petitcodiac pour l'année 2002.

Solution connue pour corriger le problème : promulguer des règlements ou des lois municipales, provinciales et/ou fédérales, et promouvoir les méthodes d'entretien de la pelouse sans pesticides afin d'éliminer l'utilisation de pesticides cosmétiques dans le basin versant.


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